Evacuer les Belges et leurs proches actuellement en Afghanistan : l’organisation du retour

Les avions que la Belgique envoie pour rapatrier ses ressortissants ainsi que certains Afghans arriveront à destination ce jeudi. Pour la Défense et les Affaires Étrangères, contrairement à ce qu’affirme l’opposition, c’est une réaction rapide surtout au regard d’une situation qui a très vite évolué.

Nous avions, de longue date, invité les ressortissants belges à ne pas se rendre en Afghanistan ou à en revenir aussi vite que possible. Depuis le 7 août, nous les pressions plus encore. C’est en substance ce qu’explique la ministre des Affaires étrangères. Sophie Wilmès précise que tous ceux qui avaient signalé leur présence en Afghanistan ont été recontactés trois fois par téléphone.

Beaucoup de personnes prises de court

Mais vendredi, assure-t-elle, personne ne souhaitait revenir en Belgique ; samedi une quinzaine de Belges y songeaient mais annonçaient qu’ils reviendraient avec un vol commercial.
En revanche, dès dimanche, alors que les liaisons régulières étaient interrompues avec Kaboul, ils étaient 40 Belges et 20 Afghans de leur famille et lundi leur nombre était passé à 105. Aujourd’hui, ce sont environ 550 personnes qui se sont signalées aux autorités belges.

Que faisaient ces gens dans un pays en guerre ?

La situation, pour être tendue en Afghanistan, était encore relativement sous contrôle dans certaines villes quelques jours avant l’offensive talibane. Ceux qui se trouvaient là-bas étaient employés par des ONG ou faisaient une visite à leur famille, se rendaient à un mariage…
Parmi ces personnes que la Belgique va évacuer, il y a non seulement des Belges, des ressortissants d’autres pays européens, des employés afghans, des défenseurs locaux des droits de l’homme et des ayants droit dont la vie est menacée.

Le problème des ayants droit

Qui sont-ils ? Le plus souvent ce sont des conjoints afghans, des enfants, des familles de nos concitoyens mais qui ne disposent pas de passeports belges. Ils sont néanmoins considérés par la Belgique comme disposant des mêmes droits à l’évacuation. La difficulté est d’en convaincre les Talibans qui filtrent tous les accès à l’aéroport de Kaboul.

Comment le retour au pays est coordonné

Parmi les personnes dépêchées sur place, se trouvent des militaires du 2Cdo et des équipes consulaires. Ils gèrent la logistique de l’opération, vérifient l’identité de ceux qui seront rapatriés et se coordonnent avec les autres délégations européennes. Il est en effet possible que des citoyens européens ou leurs proches montent dans un avion d’un autre pays que le leur. C’est ainsi que 16 Belges (dont on ignore encore l’identité) sont à bord d’un avion néerlandais et qu’un autre de nos concitoyens est sur un vol à destination de Roissy.

Tous à l’aéroport ?

A ceux qui doivent rentrer au pays, la Belgique demande qu’ils restent chez eux jusqu’à ce qu’on les contacte. Il faut en effet, sur le chemin, organiser leur passage aux différents checks points talibans et ensuite permettre leur entrée à l’aéroport gardé par les Américains. Venir avant, c’est en effet risquer de se faire refouler… dans le meilleur des cas.

Jusqu’à quand la sécurité sera-t-elle assurée ?

Les troupes US qui gèrent la sécurité et les mouvements d’avions ont jusqu’ici privilégié l’évacuation de leurs ressortissants. Alors, l’armée américaine restera-t-elle à Kaboul une fois ses nationaux rapatriés ? Josep Borrell, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité en a reçu l’assurance : la sécurité sera assurée jusqu’à la dernière évacuation. Aucun délai n’a été précisé mais il paraît certain que les opérations dureront encore plusieurs jours.

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