Euthanasie: la discussion générale peut commencer la semaine prochaine

Euthanasie: la discussion générale peut commencer la semaine prochaine
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La Commission de la Justice n'a pas fait droit mardi aux demandes d'auditions et d'avis exprimées dans l'examen du projet de loi qui étend l'euthanasie aux mineurs. La discussion générale commencera la semaine prochaine. Le vote définitif du texte, transmis par le Sénat, devrait donc très probablement intervenir avant la fin de la législature.

Avant les vacances, le Sénat a approuvé une proposition de loi qui étend aux mineurs la loi de 2002 sur l'euthanasie. Une majorité de rechange s'est dégagée à cette occasion, réunissant socialistes et libéraux (moins deux voix au MR), auteurs du texte, la N-VA et les écologistes.

Mardi, de nouvelles demandes d'auditions ont été formulées. Le CD&V souhaitait entendre le groupe multidisciplinaire Metaforum de la KU Leuven qui a planché sur cette question pendant deux ans. Le cdH a regretté que les juristes n'aient pas été assez entendus, sans préciser toutefois qui il voulait auditionner. Le MR a quant à lui demandé que la Commission invite des représentants de la société royale de pédiatrie des Pays Bas, où l'euthanasie des mineurs de plus de 12 ans a été dépénalisée, ainsi qu'un professeur néerlandais auteur du protocole de Groeningen relatif à l'euthanasie d'un enfant de moins de douze ans.

La Commission a rejeté les demandes d'audition ainsi que la demande d'un avis de la Commission de la Santé de la Chambre.

Le CD&V a exprimé sa déception à l'issue de la réunion. "Nous espérions que l'on puisse avoir un débat profond mais ça n'a pas été possible. Il s'agit pourtant d'un texte fondamental pour notre société et pour tous les gens qui sont confrontés à la douleur de leur enfant", a expliqué Sonja Becq.

"Nous avons l'impression que l'on veut passer en force sur un sujet qui ne le mérite pas. Nous serons attentifs. Nous poserons toutes les questions qui s'imposent puisqu'on nous refuse le droit d'avoir d'autres avis", a dit pour sa part Christian Brotcorne (cdH).

Traditionnellement, le MR laisse à chaque parlementaire le soin de voter selon sa conscience dans ce genre de dossier. Au Sénat, Gérard Deprez et Armand De Decker s'étaient prononcés contre le texte.

A la Chambre, la députée Marie-Christine Marghem n'a pas encore pris de décision. Elle se dit animée par "un a priori" mais n'exclut pas de faire évoluer sa conception.

"Ce sont des questions individuelles. Dans notre groupe politique, nous avons la liberté de vote sur ces questions, et je compte bien l'utiliser. J'ai un a priori: un enfant veut vivre et je trouve presqu'indécent de poser cette question à un enfant, même entouré d'adultes. Un enfant ne sait pas ce qu'est la mort et je veux éviter qu'il devienne l'éponge du malheur de ses parents, qu'en réalité son malheur soit celui que ses parents se font".

 


Belga

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