Européennes: Ecolo propose "un nouveau cap pour l'Europe"

La petite classe des candidats Ecolo à l'Europe
La petite classe des candidats Ecolo à l'Europe - © Ecolo

Ecolo a présenté lundi sa liste aux élections européennes. Tirée par Philippe Lamberts, qui s'est illustré au Parlement européen dans les dossiers économiques et en particulier celui de la régulation du secteur bancaire, la liste comprend aussi un certain Michel Bourlet, ex-procureur de Roi de Neufchâteau. Pour Ecolo, si l'Europe est en crise, il n'y a cependant pas de fatalité : face aux défis, il faut des solutions nouvelles.

Pour les écologistes francophones, l'Europe doit faire face à de multiples crises mais les réponses apportées ont été autant d'échecs. "Le statu quo, consistant à laisser aux commandes ceux qui nous ont menés à la crise, n’est pas une option" affirme dès lors Ecolo, qui propose un "nouveau cap pour l'Europe".

En tête de priorités du parti, on retrouve l'influence de Philippe Lamberts, "tombeur" d'Isabelle Durant lors du poll interne pour la première place. Celui qui est parfois surnommé "l'homme le plus détesté de la City" s'est en effet forgé une réputation de dur à cuire sur les dossiers de la régulation des banques, coupables à ses yeux de ne pas avoir voulu se réformer après la crise financière de 2008. Re-domestiquer la finance doit être au cœur de l'action politique, plaide dès lors Ecolo. Qui veut aussi davantage de justice fiscale et propose de porter cinq chantiers touchant à la fiscalité dans l'enceinte du Parlement européen.

Les verts francophones remettent également en avant leur concept de "green new deal", vecteur d'emploi et d'indépendance énergétique. En particulier, le parti renouvelle sa proposition d'instaurer des droits de douane sociaux et environnementaux au niveau européen, pour lutter contre la concurrence déloyale des pays pratiquant le moins-disant social et environnemental.

Ecolo veut miser sur la jeunesse européenne, trop peu associée à son goût aux décisions européennes alors qu'ils sont les premières victimes de la crise avec un taux de chômage des moins de trente ans dépassant les 23%.

Enfin, les verts veulent une "refondation démocratique de l’Europe". "C’est peu dire que la crise a creusé le déficit démocratique au sein de l’Union", disent-ils, proposant d'inverser la tendance pour "remettre les choix de société au cœur du débat démocratique".

Une liste entre jeunesse et expérience

Aux côtés de Philippe Lamberts, c'est à la jeune et peu connue Saskia Bricmont que reviendra le défi d'aller "chercher" le deuxième siège, tombé dans l'escarcelle des verts en 2009 à la faveur d'excellent résultats. Le parti compte encore sur l'expérience de la députée fédérale sortante Thérèse Snoy, qui poussera la liste des candidats effectifs.

En milieu de liste figure aussi un candidat connu : l'ex-procureur du Roi de Neufchâteau Michel Bourlet, qui avait conduit l'instruction de l'affaire Dutroux. Sa présence sur la liste est une demi-surprise, dans la mesure où il était déjà candidat des verts aux élections communales de 2012 à Paliseul. La benjamine de la liste, Caroline Saal, co-présidente des jeunes Ecolo aura le privilège de figurer en tête des candidats suppléants.

En communauté germanophone, qui envoie un représentant au parlement européen, Ecolo mise sur un "candidat d'ouverture", l'agriculteur Erwin Schopges, militant de la cause des producteurs de lait européens, pour décrocher le siège jusqu'ici tenu par le démocrate-chrétien Mathieu Grosch. Ce dernier ne se représentant pas, ce siège sera assurément âprement disputé.

T.N.

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