Etudier avec l'aide du CPAS: pas toujours évident

Est-il normal que, d’une commune à l’autre, un jeune précarisé qui réclame l'aide d'un CPAS pour entamer ou poursuivre ses études ne soit pas traité de la même façon? C’est la question que pose Philippe Defeyt dans une étude publiée par l’Institut pour un Développement Durable.

Les écarts mesurés sont en effet importants parce que chaque institution a toute latitude pour gérer ces dossiers comme elle l'entend.

Un paysage très changeant

Si le nombre de jeunes qui, en Wallonie, bénéficient de l’aide des CPAS pour poursuivre leurs études est passé de 4000 à 8000 ces dix dernières années, la proportion de ceux qui obtiennent cette aide varie de 0 à plus de 80% selon les communes auxquelles ils s’adressent.

La loi qui pilote l’intégration sociale des jeunes de moins de 25 ans laisse en effet champ libre à chaque conseil de l’action sociale pour décider – ou pas – d’accorder le bénéfice d’une aide aux études de plein exercice.

Pourquoi oui, pourquoi non?

Les CPAS peuvent très bien donner la priorité à un autre type d’insertion socio-professionnelle. Or, la tentation est grande de privilégier des stages ou des formations plutôt que des études supérieures.

Les raisons ne manquent pas. A commencer par le coût: le revenu d’intégration "étudiant" implique des dépenses plus importantes. Non seulement le montant alloué est plus élevé. En outre, la couverture des études entraîne des frais supplémentaires qui doivent être pris en charge. Enfin, le cursus dure a priori plus longtemps que les stages d’insertion classiques.

Une question de politique

Si des différences sont observées d’une commune à l’autre, c’est aussi le résultat de différences sociologiques entre les publics concernés. Soit que les jeunes ne souhaitent pas entreprendre des études, soit qu’ils ne soient pas outillés pour le faire.

Mais ces raisons n’expliquent pas totalement que certains centres publics d'action sociale soient plus ouverts que d’autres à la possibilité de mener des études. On ne peut donc pas tout à fait exclure que des considérations politiques guident l’attitude de certains CPAS.

Et demain?

Ce constat milite donc, selon Philippe Defeyt, pour des règles plus cohérentes. Et, au-delà, il pose d’autres questions dont celles-ci: Les CPAS sont-ils tous équipés pour orienter ces jeunes vers la filière la plus intéressante et, par ailleurs, est-ce le rôle des CPAS ou plutôt de la Fédération Wallonie-Bruxelles de prendre en charge les études de jeunes précarisés ?

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