Etudiants boursiers : l’annulation des remboursements applaudie

"Victoire !" La Fédération des Etudiants Francophones (FEF) ne boude pas son plaisir après l’annonce du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’abandonner le recouvrement des allocations d’études indûment perçues. " C’est une excellente nouvelle, se réjouit Chems Mabrouk, la présidente de la FEF, ça va permettre à des milliers d’étudiants de souffler un peu car, outre l’aspect financier, cette somme à rembourser représentait une charge mentale énorme surtout en période d’examens." Le remboursement concernait plus de 3000 étudiants de Wallonie et de Bruxelles qui avaient continué de percevoir des allocations alors qu’ils n’y avaient plus droit.

La somme globale de 2016 à 2020 dépassait les 3 millions d’euros mais après plusieurs semaines de mobilisation et de négociation, le gouvernement vient d’annuler le processus de remboursement. "On demandait à des étudiants déjà en difficulté financière de rembourser des sommes atteignant parfois plusieurs milliers d’euros, c’était insupportable et cela créait un stress important. C’est pourquoi nous avons tiré la sonnette d’alarme et interpellé la ministre Glatigny en fin d’année, nous avons même manifesté au sein de son cabinet. Il a fallu le temps pour qu’elle et le gouvernement fassent marche arrière et nous applaudissons évidemment ce revirement."

Et maintenant ?

Pour que ce genre de problématique ne se reproduise plus, la FEF réclame qu’on refinance l’administration compétente pour qu’elle puisse mieux gérer les dossiers. Mais c’est loin d’être tout. "Nous revendiquons aussi une augmentation des sommes allouées aux allocations d’études pour permettre à davantage d’étudiants d’y avoir accès."

Actuellement, 35.000 étudiants reçoivent une bourse en Fédération Wallonie-Bruxelles, cela représente un étudiant sur cinq, mais la FEF estime que de nombreux jeunes ignorent qu’ils pourraient aussi en bénéficier. "Il y a un gros travail d’information à effectuer pour que les étudiants sachent s’ils ont droit ou pas à une aide financière. Il faut aussi simplifier les procédures qui sont souvent lourdes et compliquées. Pour nous, le plus simple serait une attribution automatique des bourses aux étudiants qui entrent dans les conditions, sans qu’une demande soit nécessaire. Ces bourses ne sont pas un luxe, elles sont parfois vitales, elles permettent de payer le minerval, d’acheter du matériel et des supports de cours ou de financer les transports."

Critère de réussite ou pas ?

Quant aux nouveaux critères d’octroi des bourses que la ministre a été chargée de fixer, la FEF a déjà des réticences. La ministre veut maintenir une exigence de réussite, "refusant que l’argent public finance sans fin des étudiants qui accumulent les parcours d’échec ".

Mais si la FEF se dit d’accord pour une forme de contrôle, elle estime que "la réussite ne doit pas être un critère d’octroi des bourses. Il faut plutôt mettre des choses en place pour améliorer les conditions de la réussite scolaire, comme un refinancement des subsides d’aide, c’est d’autant plus nécessaire que les publics précaires sont ceux qui ont le plus de mal à réussir à cause notamment de leur obligation de travailler pour financer leurs études." Bref, la FEF continue de défendre un enseignement public, gratuit, de qualité et accessible à tous. L’abandon du remboursement des allocations marque une pause mais les débats avec la Fédération Wallonie-Bruxelles sont loin d’être clos.

Reportage dans notre JT de la mi-journée:

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