Être traductrice à la Chambre: "il ne suffit pas de recopier dans l'autre langue"

Au 1er étage du Palais de la nation, nous pénétrons au sein du service "traduction de la Chambre des représentants". Mireille Van Wilderode y occupe un bureau depuis plus de 15 ans, après une carrière en tant que journaliste à La Libre et ensuite en tant qu’indépendante. "C’est un métier qui me plaît. Je n’imagine pas pouvoir travailler sans aimer ce que je fais. Il permet d’apprendre chaque jour, grâce à la diversité des textes et des sujets abordés", nous confie-t-elle. Son job est de traduire du néerlandais au français ou du français au néerlandais, "les deux langues officielles de la Belgique". "C’est un métier exigeant. Il ne suffit pas de "recopier dans l’autre langue". Il faut suivre l’actualité, s’informer, toujours s’assurer de bien comprendre le texte et s’intéresser à ce qui "vit" dans l’autre communauté linguistique tout en restant en phase avec "sa" langue et sa culture. Il faut savoir rechercher rapidement les informations nécessaires car nous travaillons le plus souvent dans l’urgence. Il faut garder un esprit ouvert ET critique car le texte source comporte parfois des pièges. " Les traducteurs sont également tributaires des travaux de la Chambre.

A ce titre, être flexible dans les horaires et dans le volume de travail est une qualité indispensable ; Les réunions peuvent être très longues. "Je n’oublierai jamais le débat sur les pensions. Nous avons effectué toute une nuit de travail jusque 8h30,9 heures du matin. Je me rappelle d’ailleurs que nous avons croisé l’équipe qui arrivait au Parlement. C’était très spécial de passer toute une nuit à la Chambre et vivre ce débat très important pour l’ensemble de la population", raconte cette ancienne reporter.

A des tâches variés, des documents au contenu très diversifié

Parmi les documents récurrents qui arrivent sur son bureau, les comptes rendus analytiques, autrement dit le compte rendu synthétisé des débats publics en commission, et en séance plénière ainsi que certaines auditions et des échanges de vues. Elle traduit également le Bulletin des questions écrites, adressées aux ministres et secrétaires d’Etat par les députés., certains discours du président de la Chambre, du magazine de la Chambre et enfin certaines notes, des courriers, des procès-verbaux de la Conférence des présidents ou encore de rapports de missions parlementaires, pour ne citer que ces quelques missions. "Ma tâche principale est la traduction, mais aussi la révision de textes traduits par d’autres collègues. Il m’arrive également d’être associée à la rédaction de certaines publications de la Chambre, due à ma formation de journaliste", nous explique Mireille Van Wilderode. 

Les traducteurs ne sont pas les seuls à jongler d’une langue maternelle à une autre dans les couloirs du Parlement. Des interprètes sont également là lors des séances plénières et des commissions. Ils sont là pour traduire les débats en temps réel pour les députés. "Ils sont présents à la Chambre seulement les jours de commission et de séance plénière."

Depuis son arrivée au service de la Chambre, son métier n’a eu cesse d’évoluer. " La numérisation a entraîné une accélération du processus de traduction et de publication. Nous sommes, en outre, devenus éditeurs du Compte-rendu analytique. Les débats collent aussi beaucoup plus à l’actualité, et sont devenus plus techniques en raison, notamment de la nouvelle répartition des compétences causée par les réformes institutionnelles. Les députés se spécialisent dans certains domaines et posent des questions très pointues, par exemple en commission des Finances, Climat, Défense ou lors de débats sur les questions énergétiques. Enfin, des outils à la traduction sont apparus et il faut savoir les utiliser à bon escient."

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK