Etienne de Callataÿ sur Proximus: "Trop fort, trop en une fois"

Chef économiste chez Orcadia Asset Management, Étienne de Callatay est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 12 janvier sur La Première et ce dimanche 13 janvier sur La Trois.

Il commente tout d’abord le plan de transformation annoncé par Proximus. Il concerne 1900 départs et 1250 embauches. C’est une évolution de l’entreprise qu’il juge logique mais brutale. "La responsabilité d’une entreprise est d’évoluer de manière douce. J’ai toujours un problème avec les grands plans de restructuration. Ce sont des effets choc. Il est préférable que l’entreprise soit en transformation constante plutôt que d’entreprendre des grands plans. C’est trop fort. C’est trop en une fois. Une entreprise devrait pouvoir évoluer de manière plus douce. C’est tout à fait détestable. Il faut des évolutions beaucoup plus soft."


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Suite à cette annonce, le Premier ministre Charles Michel a convoqué la CEO de Proximus, Dominique Leroy. Était-il dans son rôle ? "Certainement pas, répond l'économiste, et je pense que madame Leroy a parmi ses qualités celle d’être bien éduquée. Elle a donc répondu à cette invitation, mais elle aurait pu ne pas le faire. Elle n’a pas à être convoquée."  

Oui, mais si Proximus est une entreprise autonome, c’est aussi une entreprise publique. Qu’est-ce que cela implique ? "La majorité de l’entreprise appartient certes à l’État, explique Étienne de Callataÿ, mais je ne crois pas que cela confère à celui-ci un droit particulier, autre qu’à l’assemblée générale représentant les actionnaires."

Il a dit

A propos de l’action du gouvernement Michel sur la création d’emplois : "Je pense qu’il a eu un impact positif, mais qu’il reste mineur comparé à celui des gouvernements précédents et à la conjoncture internationale."

Que faire de son épargne en 2019 ? "Si la prudence reste de bon conseil, il faut accepter que son compte épargne ne soit pas rémunérateur. Mais sinon, il est peut-être temps de reconsidérer l’investissement."

Se verrait-il Ministre des Finances ? "C’est en tous cas la plus belle manière de servir l’intérêt général. Ce n’est pas non, mais c’est parfaitement hypothétique."

A propos de la difficulté à infléchir la gouvernance dans certaines instances parapubliques wallonnes. "Je suis partisan d’une certaine autonomie dans le secteur des entreprises publiques autonomes comme Proximus, mais je suis surpris de voir la grande autonomie d’instances très proches du pouvoir politique comme une intercommunale."

Sur la chute du gouvernement après le pacte migratoire : "Il faut savoir dire ‘no pasarán’. Savoir dire ‘non, ça je n’accepte pas, pas en mon nom’. Ce genre de comportement, c’est estimable."

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