Espionnage de la Belgique par l'Allemagne: le parquet fédéral ouvre une enquête

Les 15 lignes qui concernent la Belgique relient notre pays à d'autres pays européens.
Les 15 lignes qui concernent la Belgique relient notre pays à d'autres pays européens. - © Tous droits réservés

L'Allemagne est soupçonnée d'avoir espionné la Belgique pendant des années pour le compte des États-Unis. Le parquet fédéral a décidé d'ouvrir une enquête. Les services secrets allemands auraient placé 134 lignes Internet sous surveillance dans une trentaine de pays européens, et, parmi celles-ci, 15 sont liées à la Belgique.

Toutes ces lignes internet européennes se croisent à Francfort. Les services secrets allemands ont donc pu travailler tranquillement chez eux.

Stefaan Van Hecke est député Groen. Via leurs collègues européens, les verts ont obtenu des documents sur ces pratiques. "C'est à Francfort que Deutsche Telekom a fait le travail pour les services allemands à la demande de la NSA, l'agence américaine de sécurité", indique-t-il.

La même NSA que celle qui avait fâché Angela Merkel, parce qu'elle avait placé son GSM sur écoute. Apparemment, cela n'aurait pas empêché l'Allemagne d'espionner ses partenaires européens pour les États-Unis. Et pas nécessairement pour lutter contre le terrorisme.

"Espionnage politique ou économique"

"Quand on voit ces lignes-là, les experts disent qu'elles ne sont pas utilisés par des terroristes normalement. Elles sont en principe utilisées par des grandes firmes, des institutions... Il y a donc quand même des soupçons que cela ne concerne pas la lutte contre le terrorisme, mais qu'il s'agisse plutôt d'espionnage, ou bien politique, ou bien économique."

On ne sait pas encore précisément qui utilisaient ces lignes. Les 15 lignes qui concernent la Belgique relient notre pays à d'autres pays européens. "Ce qui est très important, c'est de savoir de Proximus qui, dans cette période-là, a loué l'espace sur ces câbles", commente Stefaan Van Hecke.

Les soupçons portent sur une période qui s'étale entre 2004 et 2008. On ne sait pas si cela a continué après. L'enquête du parquet fédéral, ainsi que celles de la Sûreté de l'État et de l'Institut belge des télécommunications devraient permettre d'en savoir plus.

T.M. avec D.V.O.

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