Espionnage: Belgacom et l'IBPT appelés à s'expliquer en Commission

Belgacom: Ecolo réclame la suspension des négociations transatlantiques
Belgacom: Ecolo réclame la suspension des négociations transatlantiques - © Tous droits réservés

L'intrusion informatique dont a été victime Belgacom suscite quelques réactions politiques ce lundi. Ecolo demande au Premier Ministre de convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis et la suspension négociations du partenariat commercial transatlantique. De son côté, le député cdH, Georges Dallemagne, demande la création d'un "centre pour la cybersécurité doté de moyens et d'une base légale à la mesure des enjeux". En attendant, les responsables de l'IBPT et de Belgacom ont été invités en Commission de la Chambre.

La présidente de la Commission de l'Infrastructure de la Chambre, Sabien Lahaye-Battheu (Open Vld), invite les responsables de Belgacom et de l'IBPT à fournir des explications à propos de ce scandale révélé ce lundi. La députée libérale flamande a fait part de son inquiétude à propos de la sécurité des communications téléphoniques et de données des clients de l'entreprise publique.

Ecolo réclame la suspension des négociations transatlantiques 

"Cette attaque contre la vie privée des citoyens remet encore plus en question la loi sur la conservation des données votée en urgence par les partis de la majorité fédérale le 18 juillet dernier, et à laquelle seuls les Verts s'étaient opposés. En effet, cette loi oblige la récolte de toutes les données de communication par les opérateurs de télécommunication et allonge leur conservation à 12 mois : la combinaison d'une telle rétention de donnée généralisée avec l'existence d'outils technologiques de surveillance aussi performants constituent - dans les faits - une grave menace sur la vie privée des particuliers, les intérêts stratégiques de nos entreprises et de nos institutions publiques", déclare le parti dans un communiqué.

"En plus de ce non respect du droit fondamental à la vie privée, sous couvert de la lutte légitime contre le terrorisme, la NSA a en réalité mis sur écoute toute une série d'entreprises et d'administrations stratégiques en Europe. L'enjeu est de donner un avantage concurrentiel aux entreprises américaines en espionnant leurs concurrentes. Sachant que Belgacom était sous écoute américaine avant, pendant et après la rencontre en juin dernier en Californie entre son CEO Didier Bellens et les représentants de Disney, Ecolo se pose légitimement la question de l'équité d'un futur contrat de partenariat qui pourrait avoir été négocié sous influence", ajoute le communiqué.

Et de conclure : "Ecolo demande également au Premier ministre Elio Di Rupo de convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis pour qu'il fasse toute la clarté sur toutes les initiatives prises par le gouvernement américain en matière de surveillance généralisée des particuliers et des entreprises belges, et d'entendre Didier Bellens au parlement fédéral afin de clarifier la situation. Ecolo demande enfin au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, de plaider au prochain Conseil 'affaires générales' européen pour la suspension des négociations du futur Partenariat transatlantique sur le Commerce et les Investissements, tant que le Gouvernement des Etats-Unis n'aura pas expliqué dans le détail aux Européens la teneur exacte des initiatives de la NSA en Europe".

Le cdH plaide en faveur d'un centre pour la cybersécurité

"Les nouvelles révélations sur les cyberattaques dont a été victime Belgacom signalent une fois de plus l'urgence pour la Belgique, ses entreprises et ses particuliers, de se doter de moyens de détection et de protection informatiques à la mesure des enjeux économiques et de protection de la vie privée", écrit pour sa part le cdH dans un communiqué.

Le parti évoque la proposition de résolution déposée par le député Georges Dallemagne visant la mise en place d'un centre pour la cybersécurité en Belgique.

"La Belgique est en effet actuellement bien démunie face aux cybermenaces : si l'une d'entre elles est détectée, la loi belge permet uniquement de mettre en place des systèmes anti-intrusion, sans possibilité de faire cesser l'attaque… Par ailleurs, si une plateforme de concertation entre divers acteurs publics existe bien à l'échelon national (BelNIS, Belgian Network Information Security), personne n'en assure la direction et elle ne dispose d'aucune base légale définissant ses missions, ni d'aucune ressource propre", ajoute le communiqué.

Il précise qu'"avec l'évolution des technologies de l'information et de la communication, les cyberattaques, ces tentatives d'atteintes à des systèmes informatiques réalisées dans un but malveillant, se multiplient" et qu'il est grand temps de "créer un Centre pour la cybersécurité en Belgique afin d'augmenter la capacité de défense de la société contre la cybermenace, d'agrandir l'expertise sur la cybersécurité, de donner des avis sur la protection, de répondre aux menaces ainsi qu'aux attaques et de coordonner la réponse en cas de crise".

 

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK