Espace aérien fermé: la CSC s’explique sur les raisons de ce nouvel arrêt de travail chez Skeyes

Espace aérien fermé: la CSC s'explique sur les raisons de ce nouvel arrêt de travail chez Skeyes
Espace aérien fermé: la CSC s'explique sur les raisons de ce nouvel arrêt de travail chez Skeyes - © YORICK JANSENS - BELGA

C’est une réunion prévue ce jeudi matin par la direction de Skeyes qui semble avoir mis le feu aux poudres, l’idée étant d’informer les contrôleurs aériens sur l’accord social conclu vendredi dernier (le 10 mai). Un accord contre lequel la CSC Transcom a voté « parce qu’il y a beaucoup de choses qui ne sont pas claires », explique Kurt Callaerts, responsable général maritime et aviation de la CSC.

Le syndicat chrétien réclame depuis des éclaircissements sur le sujet. Une réunion a donc été fixée par la direction, mais l’heure choisie, 10h (heure de pointe), ne permettait pas à la majorité du personnel de s’y rendre. La CSC a donc appelé les travailleurs à y aller, même s’ils étaient de service. Et apparemment, ils étaient nombreux à avoir répondu à l’appel.

Kurt Callaerts refuse dès lors de parler de grève sauvage comme cela a été déclaré par Eurocontrol dès l’annonce des perturbations. Pour lui, il s’agit d’un arrêt de travail, couvert par un préavis de grève actuellement en cours dans le but de permettre au personnel d’assister à une réunion planifiée par la direction.


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Un problème de communication?

De son côté, la direction conteste. Pour elle, il s’agit bien d'« une grève sauvage » vu qu’il s’agissait d’une permanence organisée entre 10h et 19h. Selon Alain Kniebs, son porte-parole, les travailleurs avaient donc la possibilité de venir, à l’heure de leur choix, pendant leur pause.

Reste, qu’entre-temps, vu la défection importante du personnel, la direction a décidé d’annuler cette « permanence » pour éviter, selon Alain Kniebs, que le « service soit compromis » :

Mais à la CSC, on interprète cette décision d’une tout autre manière : « Le signal que la direction donne est qu’elle veut pousser des accords sans avoir le soutien de la majorité du personnel, c’est demandé des actions », explique Kurt Callaerts.

Autrement dit, au lieu de calmer les choses, cela n’a fait que mettre de l’huile sur le feu. Pour la CSC, cela confirme que la direction ne veut ni informer ni entendre ses employés :

Reste que selon nos informations, la direction de Skeyes avait bien prévu une réunion à 10h (heure fixe) ce jeudi avant de se raviser et d’organiser finalement une permanence suite aux réactions des travailleurs. Mais la communication semble ne pas être passée.

En attendant, les conséquences de cette action sont importantes. Avec la fermeture de l’espace aérien entre 9h30 et 12h ce jeudi, de nombreux vols ont été annulés et d’autres retardés. La compagnie aérienne Brussels Airlines a d’ailleurs annoncé qu’elle envisageait d’entamer une action en justice contre Skeyes.

 « Pas de renégociation de l'accord »

Une réunion s’est tenue en fin de matinée ce jeudi entre le patron de Skeyes et le principal syndicat des contrôleurs aériens, la CSC. Ce qui a mené à la réouverture de l’espace aérien.

Selon nos informations, un accord a été trouvé. La direction aurait accepté de renégocier ce qui a été signé vendredi dernier (le 10 mai) par la CGSP qui n’était pas du tout majoritaire au niveau des contrôleurs aériens.

La CSC a cependant émis une condition : elle demande que cet accord soit communiqué aux travailleurs ou bien stipulé dans un communiqué. Et en fonction du contenu, les contrôleurs aériens verront s’ils conservent l’espace aérien ouvert ou s’ils envisagent de nouvelles actions.

Dans un communiqué publié en début d'après-midi, la direction de Sekyes affirme qu'il n'y aura « pas de renégociation de l'accord ». « Les réunions d'information qui étaient prévues tout au long de la journée d'aujourd'hui ont été annulées après qu’il s’est avéré que des actions non-annoncées auraient lieu. Toutefois, ces actions n'étaient assorties d'aucune revendication. Les réunions d'information prévues à partir de demain auront lieu comme prévu », conclut-on du côté de la direction.


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Une charge de travail trop lourde

Rappelons que les tensions entre direction et représentants des travailleurs portent surtout sur l’importante charge de travail et l’organisation de celle-ci, avec en arrière-fond une pénurie structurelle de personnel au sein de l’entreprise publique autonome. Ce manque ne peut être résolu à court terme car la formation des aiguilleurs du ciel dure plusieurs années.

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