Eric Domb: le nationalisme est une maladie mentale collective

Eric Domb (Pairi Daiza): le nationalisme est une maladie mentale collective
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Eric Domb (Pairi Daiza): le nationalisme est une maladie mentale collective - © Tous droits réservés

Eric Domb, le patron du parc d'attraction Pairi Daiza, ex-président de l'Union Wallonne des Entreprises et administrateur à la SRIW, était l'invité du Grand Oral de La Première et du Soir. Il a fait mieux l'an dernier que le Zoo d'Anvers en nombre de visiteurs et sans bénéficier d'aides publiques identiques, ce qui ne l'empêche pas de prendre le risque de choquer ses clients au nord du pays, lorsqu'on l'interroge sur le nationalisme.

Très calme jusqu'alors, le patron wallon s'indigne lorsqu'on lui fait remarquer que lors de la remise du Prix du manager de l'année, le mot "Belgique" n'a jamais été prononcé par le lauréat flamand, patron de Barco, qui n'a évoqué que la Flandre.

Infecté par le nationalisme ?  

Oui, répond Eric Domb : "Le nationalisme est une maladie mentale collective." Et les patrons flamands sont infectés par le nationalisme flamand ? "Un certain nombre".

Le Voka, patronat flamand est-il devenu un parti politique comme l'avait dit Johan Vande Lanotte ?

"Je crois avoir dit la même chose. Et peu importe, si les entreprises flamandes qui ont décidé d'envoyer leur personnel à Pairi Daïza, vont changer leur décision, parce que, c'est ce que que je pense. Il y a des considérations d'efficacité sur lesquelles je peux les rejoindre. Je pense ainsi que davantage de régionalisation, un rassemblement de compétences, est utile  pour orienter une politique. Mais à partir du moment où on utilise des termes qui sont tout à fait outranciers : traiter le gouvernement fédéral de gouvernement marxiste, ce n'est pas nécessairement très sympathique, pour les partis qui sont traditionnellement proches de ces organisations mais c'est surtout une contre vérité." Et le patron d'évoquer le fait qu'heureusement "certains sont plus dotés d'antidote que d'autres".

Une situation de discrimination totale entre les PME et les grandes entreprises

a m'énerve de voir que de très grandes entreprises puissent économiser autant d'argent grâce aux intérêts notionnels parce que les PME ne sont pas du tout dans ce cas de figure. Les PME n'ont pas des sièges d'activités à gauche et à droite et ne peuvent pas transférer, leur flux financier là où ils paieront moins d'impôts, donc on est dans une situation de discrimination totale entre les PME et les grandes entreprises. La complexité profite toujours aux riches, aux intelligents, qui ont les moyens de se faire entourer par des conseillers, des conseillers de haut niveau, ce que nous, dans les PME, on n'a pas la possibilité de faire. Alors il faudrait que les Belges soient un peu plus courageux, qu'ils adoptent un taux d'imposition qui soit dans la moyenne européenne, et qu'on cesse de compliquer les choses. Dans ce cas-là, il y aurait beaucoup moins d'abus."

Arcelor : "La société wallonne manque de respect pour l'entrepreneuriat"

Et de terminer par un plaidoyer pour l'entreprise : "Il y a chez nous surtout un manque d'ambition. Et peu de respect dans la société belge et wallonne en particulier pour l'esprit d'entrepreneuriat". Et de dénoncer la qualité de l'enseignement francophone : "Je ne vois pas aujourd'hui d'union sacrée des quatre partis sur l'enseignement.

Quant à Mittal, le patron wallon refuse de juger son comportement en n'ayant qu'une connaissance très faible du dossier, ajoutant : "L'économie est amorale. Mais ce que fait Mittal - réduire ses coûts et maximiser ses marges" - c'est ce que, comme citoyens, nous faisons tous les jours lorsque nous faisons nos courses."

Béatrice Delvaux

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