Jeunes Européennes et soldats américains de la Seconde Guerre mondiale: du rêve à la désillusion 

Epouses de guerre...du rêve à la désillusion !
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Epouses de guerre...du rêve à la désillusion ! - © Tous droits réservés

Bouleversantes, c’est ainsi que l’on peut qualifier les images des retrouvailles entre un vétéran américain de la deuxième guerre mondiale et la jeune Française qu’il avait aimée durant le conflit. Des images diffusées dans le journal de France 2. 

Du romantisme à l’état pur qui ne doit cependant pas cacher une réalité souvent plus cruelle. A la fin de la guerre, de jeunes Belges ont rejoint leurs amoureux américains de l’autre côté de l’Atlantique. On les a appelées les épouses de guerre et leur installation fut souvent difficile.

L’histoire d’Angèle…

Angèle était une jeune institutrice pendant la guerre. C’est au cours d’une soirée dansante qu’elle rencontre Howard. Il est américain et a participé au débarquement. Très vite, il tombe amoureux d’elle et veut l’emmener aux Etats-Unis. Les parents d’Angèle s’y opposent mais l’amour est plus fort que tout. Ils se marient et débarquent ensemble en Virginie. Là, le conte de fées commence à perdre des couleurs. Catholique, la jeune est très mal accueillie dans cette famille protestante. La cohabitation avec sa belle-mère se révèle particulièrement difficile. "J’ai dit à Howard que je lui donnais une semaine pour me trouver un appartement sinon je rentrais en Belgique', explique-t-elle. Rapidement enceinte de son premier enfant, Angèle raconte encore que ce sont eux qui ont donné un sens à sa vie même si c’est toujours compliqué d’avoir "le coeur divisé par un océan".

Le sort compliqué des épouses de guerre

En Belgique, on estime que 2 ou 3 mille jeunes femmes ont rejoint des soldats américains aux Etats-Unis après la fin de la guerre. Pour beaucoup d’entre elles malheureusement, le rêve américain se transforma rapidement en cauchemar. "On parle de 70% d’échec", détaille Alain Collignon, historien au Centre d’études et de documentation Guerres et Sociétés contemporaines. "Celles que l’on appelait les épouses de guerre ont souvent été très mal accueillies en raison notamment de leur religion. Dans certains milieux fondamentalistes protestants, les catholiques représentaient une incarnation du diable. Les belles-familles étaient donc particulièrement hostiles". Une hostilité familiale à laquelle il fallait également ajouter un choc culturel, une très mauvaise connaissance de la langue et une distance trop grande avec la terre d’origine… Une véritable désillusion d’autant que certains soldats avaient un peu enjolivé leur statut réel et que parfois le propriétaire terrien se révélait en définitive bien moins fortuné !

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