"Éplapourdi", "s'épivarder" : quels autres mots désuets conseiller à Elio Di Rupo?

Elio Di Rupo réfléchit-il peut-être déjà à son prochain bon mot?
Elio Di Rupo réfléchit-il peut-être déjà à son prochain bon mot? - © POOL OLIVIER HOSLET - BELGA

"S'épivarder", "éplapourdi"... Quel est le verbe ou mot de la langue française tombé en désuétude que va nous offrir le ministre-président wallon Elio Di Rupo lors d'une prochaine interview? Et finalement, quoi de mieux que de lui faire part de quelques conseils? 

Le Premier wallon a une formation de chimiste, pas de littéraire. Pourtant, c'est devenu un jeu voire un sport pour le socialiste depuis quelques jours: placer un terme totalement dépassé dans un entretien avec la presse. Le premier a avoir interpellé les internautes, c'était "s'épivarder". Le 4 juin, chez nos confrères de Bel RTL, le Montois explique, au sujet des mesures de déconfinement mises en place en Belgique: "Si nous pouvions aller dans une discothèque et s'épivarder un peu, ce serait très agréable.

La toile s'emballe et l'expression fait l'objet de recherches. S'épivarder est un verbe utilisé plutôt au Québec. Il signifie à l'origine: "se nettoyer les plumes avec le bec" avant d'adopter le sens familier suivant: "s'amuser", "prendre du bon temps".

Ce lundi 22 juin, rebelote. Elio Di Rupo récidive et devient le Maître Capello du landerneau politique belge. Dans Matin Première, ce lundi, il dit: "J'ai été éplapourdi lorsque j'ai vu ce trio de présidents de parti (NDLR: Bouchez, Lachaert, Coens) le torse au vent, l'air triomphant."

Si votre correcteur informatique souligne en rouge "éplapourdi", ce n'est pas normal. Car "éplapourdi" existe. Il signifie être surpris, étonné, stupéfait. Bref, l'état dans lequel se trouvait visiblement Elio Di Rupo au moment de l'arrivée des trois présidents MR, Open vld et CD&V, le 17 juin, au 16 rue de la Loi.  

Est-ce un jeu, un pari ou une tendance naturelle à exhumer de notre dictionnaire des mots qui ne disent plus rien à personne ou presque? Et quel sera le prochain? Nous avons donc décidé de souffler quelques pistes à Elio Ri Rupo. Voici nos cinq propositions.

  • Jaboter

Jaboter signifie "parler pour ne rien dire", "brasser du vent verbalement"... On pourrait imaginer un ministre-président, ancien président de parti, s'énerver contre Georges-Louis Bouchez, président du MR, prompt à commenter l'actualité, toute l'actualité, sur Twitter. "Il jabote tout le temps", pourrait lâcher Elio Di Rupo dans un micro et ainsi recréer le buzz.

  • Canuler

Canuler veut dire "ennuyer", "importuner". Ce ne sont pas les personnalités politiques qui "canulent" Elio Di Rupo. A lui de trouver qui pourrait le canuler, en fonction d'une actualité.

  • Sourdre

Le verbe "sourdre" signifie "sortir du sol". Le site bescherelle.ca nous apprend qu'il "ne s’emploie qu’à l’infinitif et aux troisièmes personnes de l’indicatif au sens de 'sortir du sol' ". Notre proposition: "J'espère qu'avec mon président de parti, Paul Magnette, un gouvernement fédéral va sourdre rapidement dans notre pays".

  • Acagnardage

"Trêve d'acagnardage, il est temps de se remettre au travail". Voilà ce que pourrait déclarer Elio Di Rupo s'adressant à l'un ou l'autre négociateur fédéral d'un camp adverse qui "paresse" ou qui "glande"

  • S'assoter

S'assoter pour "devenir sot par un attachement affectif excessif". On dit: "s'assoter de quelqu'un". Dans quelle circonstance poser ce verbe dans le débat? Nous n'avons pas d'idée à ce stade. Mais un fait d'actualité peut à tout moment allumer la flamme du vieux français dans la tête du socialiste.

 

Elio Di Rupo était l'invité de Matin Première ce 22/06/2020

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