Entre l'histoire wallonne et ses sous, le Parlement a choisi

Le confinement et la nécessaire distanciation sociale ont suspendu les fouilles sur le chantier d'extension du Parlement
Le confinement et la nécessaire distanciation sociale ont suspendu les fouilles sur le chantier d'extension du Parlement - © MAXIME ASSELBERGHS - BELGA

A Namur, le Parlement wallon, installé dans le cœur historique de la cité, agrandit ses locaux. Une extension nécessaire, explique l’institution, parce qu’actuellement, il est impossible de loger l’ensemble des services.
Après une première phase de démolition du bâti existant, il était convenu que les travaux marqueraient le pas, le temps que les archéologues fouillent l’endroit. Mais le Covid19 a bouleversé le planning, entraînant des retards que le Parlement ne veut pas voir prolongés.

Des lieux chargés d’histoire

Le chantier a mis au jour les vestiges de plusieurs habitations importantes remontant au Moyen Age ainsi qu’une partie du rempart qui bordait la Meuse au Xe siècle. On y a découvert les entrepôts des Comtes de Namur, un élément primordial dans l’histoire de la ville. Et ces constructions se sont elles-mêmes développées sur un quartier remontant à l’époque romaine. Bref, l’endroit semble capital du point de vue historique.

Respecter les délais

Les archéologues avaient obtenu de pouvoir y fouiller jusqu’au 10 avril. Mais, coronavirus oblige, le 13 mars, ils ont dû évacuer les lieux. Depuis, tout est à l’arrêt. Un arrêt qui ne convient guère au Parlement wallon. Cette pause lui coûte. Elle risque de provoquer des dépassements au budget de 10 millions qu’il consacre à son opération immobilière. L'entrée dans les nouveaux bâtiments est prévue pour juin 2022 et il n’est pas question d’allonger les délais. Par ailleurs, estime l'institution, il faut permettre à l'activité économique de reprendre, lui donner un signe encourageant. Le Parlement a donc averti l’entreprise de terrassement que les travaux devaient reprendre même si les fouilles n’étaient pas terminées.

Patrimoine VS finances

Les archéologues, évidemment, voulaient récupérer le mois de travail neutralisé par la crise sanitaire. Le chaudron bouillonnait donc entre les politiques et les services de l’AWAP, l’Agence Wallonne du Patrimoine, qui échangeaient leurs arguments juridiques. C’est ainsi que le dossier a finalement abouti chez la ministre De Bue, priée d’arbitrer.

Le poids du symbole

C’était sans doute pour des raisons de santé, a conclu cette dernière, mais le service d’archéologie a lui-même décidé de suspendre le chantier. Selon la ministre, il ne peut faire peser sa décision sur les autres acteurs.
Si l’entreprise est en état de relancer ses activités, les travaux devront donc reprendre sur le site même s’il est interpellant de voir le Parlement de Wallonie faire lui-même table rase des racines wallonnes.

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