Vacances d'été raccourcies, celles de Carnaval et de la Toussaint doublées, voici le nouveau calendrier scolaire à partir de la rentrée 2022-2023

Depuis une trentaine d'années, ce changement du calendrier scolaire est souvent revenu sur la table. Mais jusqu'à présent, rien n'avait jamais vraiment changé. C'est désormais chose faite puisque le texte reprenant les grands axes de cette réforme a été validé par les ministres PS, MR et Ecolo. Dès la rentrée 2022, les vacances d’été seront donc raccourcies puisque la rentrée aura lieu le 29 août 2022. Les vacances de Carnaval et de la Toussaint seront quant à elles doublées. Caroline Désir, la ministre de l'Enseignement obligatoire et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont donc réussi à boucler le dossier afin qu'il s'applique dès l'année scolaire 2022-2023.

"Il est nécessaire de mieux équilibrer les périodes de l'année"

Caroline Désir ne s'en est jamais cachée, pour elle, il fallait mieux tenir compte de l'horloge chrono-biologique des enfants et de leur bien-être. Et donc, elle voulait un meilleur équilibre entre les périodes de l'année.

"Parfois, explique Caroline Désir, nous avons une période de dix semaines de cours avant un congé. Les enfants comme les enseignants y arrivent très fatigués. Et puis, c'est suivi par une petite période de 5-6 semaines de cours où on aurait pu aller plus loin. L'objectif est d'avoir des périodes de sept semaines suivies de deux semaines de congés."


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Cela passera, et c'est le grand changement, par un allongement d'une semaine des vacances de Toussaint et de Carnaval. Et parallèlement, les vacances d'été seront rabotées. "Cette longue période de vacances d'été était initialement destinée aux enfants pour pouvoir aider leurs parents dans les tâches agricoles, explique Caroline Désir. Une si longue période a-t-elle encore du sens sachant que pour les enfants qui connaissent des difficultés, après deux mois sans école, ils ont beaucoup perdu en terme d'apprentissage. En septembre, du coup, les enseignants doivent raccrocher bon nombre d'enfants qui n'avaient plus de lien avec l'école."

La Flandre et la Communauté germanophone ne comptent pas suivre

En tout cas, pour l'instant, la Flandre et la Communauté germanophone ne veulent pas changer le calendrier scolaire. Caroline Désir le regrette mais pour elle, cela ne change rien. "J'ai eu des contacts avec mes homologues flamand et germanophone mais pour l'instant, ce n'est pas dans leurs projets. Mais comme l'enseignement est une compétence des Communautés, cela ne doit pas nous empêcher de mettre en oeuvre une réforme jugée pertinente. En France, en fonction des zones, des départements voisins n'ont pas les mêmes dates de vacances. Rien n'est impossible en terme d'organisation."

La ministre de l'Enseignement obligatoire prône toutefois la concertation avec les deux autres Communautés pour comparer les calendriers scolaires. "Dans des régions limitrophes ou en région bruxelloise, des enfants d'une même famille se retrouvent parfois dans des régimes scolaires différents. Et de cela, il faut aussi en tenir compte."

"Cela va changer nos habitudes de vacances et d'occupation pour nos enfants"

Damien Lefebvre a deux filles. L'une va entrer en secondaire et l'autre, toujours dans le primaire. Pour lui, comme un cri du coeur: "Ca va changer nos habitudes. C'est sûr. Mais le rythme scolaire est déjà assez soutenu pendant l'année et donc, avoir une répartition vacances-école un peu mieux équilibrée, c'est positif."

Dans le même temps, il reconnaît qu'avec son épouse, il y aura des choses à prévoir et à revoir. "Il faudra organiser les deux semaines à la Toussaint et au Carnaval. Nous n'allons pas prendre deux semaines de congés. Notre grande fille va entrer en secondaire, elle devient plus autonome mais la petite est encore en primaire. Et donc, il faudra penser à des stages ou aux mouvements de jeunesse. Même si, à titre personnel, nous avons des facilités possibles comme le télétravail. Je suis indépendant, je peux donc adapter mon planning. C'est notre cas personnel mais pas celui de la grande majorité des gens."

D'autres pensent aussi à "devoir solliciter" les grands-parents. Mais ce qui est sûr, c'est que la formule des stages pendant ces vacances de Toussaint et de Carnaval risquent de s'amplifier comme pour les vacances de Printemps.

Chez les enseignants, il y a encore des questionnements

Dans l'ensemble, les enseignants sont plutôt favorables à cette nouvelle formule."Lorsqu'une période de cours sans congé est trop longue, explique Pascale, professeure dans le secondaire, les élèves ne suivent plus trop. Ils sont fatigués, plus énervés, la matière est moins bien assimilée et nous, les profs, nous sommes aussi fatigués. Ce n'est pas un contexte favorable. Changer le rythme permettrait sans doute d'améliorer les choses."

Joseph Thonon, le président de la CGSP Enseignement, considère quant à lui ce choix "acceptable" et "plutôt équilibré" notamment pour les dates de juillet-août. 

Une aubaine pour le tourisme?

Pour Pascal Noël, patron d'une agence de voyages à La Louvière, cet étalement de deux semaines des vacances à la Toussaint et au Carnaval pourrait entraîner une baisse des prix pour les personnes désireuses de partir. " A Pâques, en général, le coût des voyages est déjà un peu moins cher que pour les vacances de Carnaval parce qu'à Pâques, le congé est sur deux semaines. Sur deux semaines, il y a plus de dates possibles pour partir. Et donc, il y a plus de passagers et on peut mieux répartir les coûts. Ce qui entraînera sans doute une petite baisse de prix."

Et si on changeait aussi le rythme quotidien d'une journée d'école?

Natacha Duroisin est professeure à l'Ecole de formation des enseignants de l'Université de Mons. Pour elle, cette réforme serait une bonne chose. "Mais on pourrait aller plus loin. Chez les adolescents, les enseignements plus formels qui demandent plus de compréhension, plus d'attention, plus de concentration devraient se faire à partir de 9h30 le matin jusque 11h30-midi. On sait aussi que le début d'après-midi n'est pas non plus trop propice pour la concentration. Reprendre les enseignements plus formels vers 15h serait aussi une bonne piste."

En tout cas, même si tout n'est pas encore tranché, cette réforme du calendrier scolaire semble déjà bien engagée pour 2022-2023... Soit dans un peu moins d'un an et demi. Une réforme qui si elle se met en place, va modifier bien des habitudes dans les écoles, au niveau familial mais aussi sur le plan professionnel.

L'école de demain: archives JT 30/01/2018

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