Enseignement supérieur: une année d'étude coûte entre 8000 et 12.000 euros, selon la FEF

Des étudiants dans une bibliothèque universitaire
Des étudiants dans une bibliothèque universitaire - © YORICK JANSENS - BELGA

L'heure de la rentrée a sonné pour quelque 210.000 étudiants du supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles. C'est l'occasion pour la Fédération des Etudiants Francophones (FEF) de rappeler que le coût des études ne cesse d'augmenter. La FEF l'estime entre 8000 et 12.000 euros par an : "Aujourd'hui, un étudiant qui rentre dans le supérieur doit assumer une série de coûts pour son année d'étude. On estime que cela coûte entre 8000 et 12.000 euros par année pour étudier. Là-dedans sont compris les coûts directs, comme le minerval ou les supports de cours qui sont directement liés au job d'étudiant, et les coûts indirects, qui sont plutôt liés au coût de la vie en général (logement, transport, nourriture) et qui sont aussi en augmentation. Un des premiers leviers sur lesquels on peut jouer aujourd'hui, c'est le minerval, qui coûte entre 175 et 836 euros en haute école, voire parfois plus dans certaines catégories de hautes écoles où il n'y a pas de plafond. Et on peut y demander jusqu'à 1.200 euros de minerval. Et dans les universités, le minerval s'élève à 836 euros : si jamais on le réduit, cela a un impact sur le budget total de l'étudiant, et surtout sur le budget du premier quadrimestre, durant lequel l'étudiant doit payer ce minerval" explique à la RTBF Maxime Michiels, le président de la FEF.

Plusieurs facteurs expliquent la différence de montant entre 8000 et 12.000 euros : d'abord savoir si le/la jeune étudie en restant à la maison ou si il/elle doit louer un kot. Et les frais du kot seront différents en fonction de la ville dans laquelle le jeune étudie : ils seront par exemple plus chers à Bruxelles qu'à Liège ou Mons.

Le coût dépend aussi des études choisies : certaines demandent, en plus du minerval, beaucoup de matériel à acheter, comme dans les études d'architecture ou de stylisme par exemple.

Elitisation et appauvrissement

La FEF dénonce par ailleurs une dynamique d'élitisation ou d'appauvrissement des étudiants : "Jusqu'à présent les familles qui permettaient à leurs enfants de faire des études via la solidarité familiale : ce mécanisme est en panne. La solidarité familiale ne suffit plus à permettre à nos jeunes d'étudier. Et l'augmentation de ces coûts ne permet toujours pas que des familles qui n'avaient pas accès à l'enseignement supérieur puissent un jour y avoir accès. Nous dénonçons une dynamique d'élitisation ou d'appauvrissement pour les étudiants. Le public qui avait accès aux études supérieures se précarise et donc se retrouve petit à petit éjecté de cet enseignement" poursuit Maxime Michiels.

La FEF précise encore que les demandes d'aides sociales sont en augmentation : plus 21% de demandes de bourses d'études en 6 ans, selon elle. En 15 ans, le nombre d'étudiants affiliés aux CPAS aurait lui été multiplié par 7.