Enseignement supérieur: F. Bertieaux craint un début de régionalisation

Françoise Bertieaux était l'invitée de Matin première, ce mercredi
Françoise Bertieaux était l'invitée de Matin première, ce mercredi - © msmekens - RTBF

Françoise Bertieaux, cheffe du groupe MR au Parlement de la Communauté française, commente les diverses mesures portant sur un domaine où elle est très active comme parlementaire : l’enseignement. Jean-Claude Marcourt, dont l’actualité est abondante ces dernières semaines, n’est pas à l’abri de ses critiques.

Les chiffres d’une étude internationale en lecture concernant les élèves de primaire sont publiés ce matin par nos confrères du journal Le Soir. Les élèves belges francophones n’y font pas des  résultats excellents. Cela permet  Françoise Bertieaux (MR), invitée de Matin Première ce mercredi, de répéter son inquiétude face à la récurrence des médiocres classements de l’enseignement francophone. "C’est vraiment quelque chose de très perturbant ; et c’est perturbant que ça perdure. Les dernières études PISA (montrent qu') il y a des frémissements d’amélioration dans certaines matières, mais ces frémissements ne se traduisent pas par un inversement de tendance", regrette la parlementaire libérale.

"Jean-Claude Marcourt a beaucoup traîné"

"Il y a une série de difficultés qui se sont accumulées au fil des années au niveau des apprentissages de base ; il y a une certaine dualisation de notre enseignement, (…) il y a beaucoup  d’enfants qui ne parlent pas la langue de notre enseignement à ma maison", explique Françoise Bertieaux, qui estime que la priorité devra être donnée aux apprentissages de base avec une autonomie pédagogique pour les enseignants ; mais également à "la remédiation immédiate, pour qu’il y ait une remédiation quand on est au stade de la difficulté et pas au stade de l’échec".

Le test initial de français dans la nouvelle formation des enseignants ? "Pas une mauvaise idée", répond Françoise Bertieaux, qui regrette cependant que la réforme tant attendue de la formation initiale des enseignants se fasse encore… attendre : "Jean-Claude Marcourt ne va pas très vite, (…) on est presque en fin de législature, et on en est à une note au gouvernement. Il a beaucoup trainé", regrette la cheffe du groupe MR.

Réforme de l'enseignement supérieur: danger

En ce qui concerne la réforme de structure de l’enseignement supérieur, Françoise Bertieaux  juge qu’elle comporte de bonnes idées, bien que le projet ne soit qu’à un stade de "note au gouvernement" pour le moment.

L’idée de coupole – Académie de Recherche et d'Enseignement supérieur, ARES – censée regrouper les différents pôles d’enseignements, recueille ses suffrages.

Mais la critique de la parlementaire libérale concernant une grande partie des mesures proposées, comme le regroupement d’établissements en pôles géographiques, est acerbe : "Connaissant le côté très régionaliste de Jean-Claude Marcourt, je crains que ça ne préfigure dans son esprit une régionalisation de l’enseignement supérieur", lance Françoise Bertieaux.

"Comment nos universités et nos Hautes Écoles pourront elles rester compétitives dans un paysage européen qui a tendance à renforcer les grands ensembles ? ", se demande-t-elle.

Plus grave, le financement de certains de ces pôles risque d’être mis en péril, affirme Françoise Bertieaux. "Si on commence à faire un financement par pôle, ça va être un financement sous régional. Et pour Bruxelles, je ne sais pas où on va aller. Mais c’est inquiétant".

W. Fayoumi

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