"Il y a des indices qui montrent que Stéphane Moreau et ses acolytes essaient de partir avec la caisse"

La réunion du CA d’Enodia devait trancher sur les cessions des actifs concurrentiels de sa filiale Nethys. Au final, il a accouché d’une souris. La province de Liège et les communes ont demandé plus de temps. Pour Olivier Biérin, nouveau député wallon Ecolo et expert de l’affaire chez les verts, ce conseil d’administration n’a rien réglé du tout. "Il y a des choses assez inquiétantes qui n’ont pas bougé, regrettait-il au micro de Matin Première ce jeudi. Les choses doivent bouger pour rassurer les citoyens."

Faire bouger les choses, c’est justement ce qu’espère Olivier Bierin, en compagnie des nouvelles têtes qui apparaissent en Wallonie. "On voit qu’il y a déjà une nouvelle génération politique qui arrive aussi au gouvernement, des députés qui étaient là depuis quelques années qui montent comme ministre, et ils ont déjà une autre approche que leurs prédécesseurs", explique-t-il. A commencer par l’affaire Publifin d’ailleurs : "Dans l’accord de gouvernement, nous avons obtenu qu’on tape du poing sur la table, et que dans six mois maximum, les recommandations de la commission d’enquête soient appliquées".

Liège, une ville de "magouilles"?

Si Olivier Bierin regrette le statu quo après le CA de mercredi soir, il estime toutefois qu’il est "positif" que "rien n’ait été décidé" concernant la cession des actifs de Nethys : "Ce qui était sur la table posait de nombreuses questions".

En revanche, il estime qu’au niveau politique, l’absence de décision est inquiétante : face à l’alliance Ecolo-PTB qui demandait du changement dans la gestion de l’intercommunale, le MR et le PS bloquent. "Dans ce qui est public, des annonces ont été faites, et les mêmes personnes font l’inverse une fois qu’ils sont au sein du CA d’Enodia."

Pourtant, Ecolo est désormais au gouvernement avec le MR et le PS. Comment gouverner avec de telles dissensions ? "Les choses sont réglées au niveau national", explique Olivier Bierin. A Liège, c’est autre chose…

Originaire de la Cité Ardente, le député wallon ne peut que regretter "l’image que ça donne", et qui "catastrophe" le monde économique liégeois et la population. "Il y a une lassitude très compréhensible", estime Olivier Bierin, lorsqu’on voit que "ce sont les mêmes qui continuent à avoir les manettes." Malgré le développement des entreprises et des activités dans le bassin liégeois, Liège garde l’image d’une ville où "on fait des arrangements entre amis et des magouilles", soupire le député.

Le problème, c’est la façon dont part Stéphane Moreau

Nethys, une magouille ? "Il y a des indices qui montrent que Stéphane Moreau et ses acolytes essaient de partir avec la caisse, accuse Olivier Bierin. Quand on voit que des acteurs comme NRB, Eneco, la SRIW sont prêts à mettre beaucoup plus d’argent que ce qui était proposé…" Sans compter le "conflit d’intérêts entre ceux qui sont à la fois vendeurs et acheteurs", ajoute le député.

Pour réformer tout cela, il faut "prendre ses responsabilités", affirme-t-il. "Les fédérations liégeoises du PS et du MR doivent siffler la fin de la récréation et disent à leurs administrateurs qu’il faut changer." Avec le départ de Stéphane Moreau ? "Le problème, c’est la façon dont il part, dénonce Olivier Bierin. Aujourd’hui ce qui est sur la table, c’est qu’il parte avec une partie des activités et en plus en spoliant les actionnaires publics d’une partie de la valeur de ces activités."

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