Enfants en centres fermés: "C'est sûr que le Conseil de l'Europe va recondamner la Belgique"

Petra De Sutter (Groen)
Petra De Sutter (Groen) - © RTBF

Une première famille a été transférée le 14 août au Centre fermé de Steenokkerzeel. Pour la sénatrice Groen Petra De Sutter, par ailleurs rapporteur spécial de la commission migrations au sein du Conseil de l'Europe, la Belgique se retrouve désormais parmi "les pays qui mettent en détention les mineurs: la Bulgarie, la Grèce le font en masse. Il y a d'autres pays qui ont des alternatives bien meilleures que ce qui est maintenant sur la table. Groen et Ecolo sont complètement contre la détention des enfants, qui ne doivent pas être les victimes du statut migratoire de leurs parents. Un enfant c'est d'abord un enfant. Nous sommes très critiques sur l'application de ce que le secrétaire d'Etat (à l'Asile Theo Francken, N-VA, ndlr) affirme être correct du point de vue juridique". Si des enfants peuvent être détenu par période de deux semaines, il ne s'agit pas d'une "solution de dernier recours" selon Petra De Sutter, interrogée sur La Première. "C'est clair que le Conseil de l'Europe va recondamner la Belgique, c'est sûr que cela va arriver" dit-elle.

Quand on obtient aujourd'hui des droits, on ne doit pas penser qu'on les a pour toujours

"Maintenant les droits de l'Homme sont souvent vus comme des barrières à nos propres libertés. Les humains ne sont plus 'tous égaux', comme c'est écrit dans la déclaration des Nations-Unies. Et on voit cette évolution partout en Europe, pas seulement en Pologne ou en Hongrie. Mais cela entre maintenant dans le discours politique, y compris chez nous en Belgique" regrette-t-elle. "On recule sur les droits de l'Homme, sur la démocratie, sur l'Etat de droit, sur la séparation des pouvoirs".

"Dans le discours de Theo Francken il y a beaucoup de populisme. On surfe avec les limites d'une loi. Même s'il y a des endroits où les enfants peuvent jouer, cela reste une prison. Et pour un enfant qui n'a rien fait de travers, cela n'est pas acceptable" selon la sénatrice.

Petra De Sutter a été exposée médiatiquement il y a quelques temps car elle était la première parlementaire belge transgenre. L'homophobie reste une réalité, pas seulement dans le monde politique, mais partout, dit-elle : "Il y a une grande différence entre les lois qui protègent les gens. La législation ne change pas nécessairement la tête et le cœur. La discrimination existe, on est de nouveau en train de rebrousser chemin: il y a de nouveau de la discrimination, et même des attaques homophobe. On doit rester très vigilant. Quand on obtient aujourd'hui des droits, on ne doit pas penser qu'on les a pour toujours".  

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