Enfants en centre fermé : "Inacceptable" pour le PS, "violation des droits de l'enfant" pour le cdH

Le centre fermé 127 bis, à Steenokkerzeel
Le centre fermé 127 bis, à Steenokkerzeel - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Le feu vert du Comité ministériel restreint à l'arrêté royal pris par le secrétaire d'État Theo Francken au sujet de la création d'unités familiales dans l'enceinte du centre fermé 127 bis, à Steenokkerzeel, ouvre la voie à la reprise d'une pratique inacceptable. La place d'un enfant n'est pas derrière les grillages, selon la députée socialiste Julie Fernandez-Fernandez.

Celle-ci s'est dite stupéfaite par la décision du gouvernement de "reprendre l'enfermement de mineurs dans le cadre de la politique d'asile".

"Suite à des condamnations par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, la Belgique avait mis un terme à l'enferment d'enfants, accompagnés ou non, dans les centres fermés. La reprise de cette pratique n'est pas acceptable. Pour nous, avant d'être l'objet d'un statut administratif, un enfant est un enfant. Point", commente Julie Fernandez-Fernandez.

A ses yeux, "la place d'un enfant n'est pas derrière des grillages. Le gouvernement a prévu un personnel de 19 personnes dont 14 membres de sécurité et ... un enseignant. Cela revient à traiter ces enfants comme des criminels et non pas comme ce qu'ils sont: les premières victimes de conflits".

La députée PS précise qu'elle avait déposé une proposition de loi visant à interdire l'enfermement de mineurs étrangers en situation irrégulière, qu'ils soient accompagnés ou non. Ce texte a été pris en considération par la Chambre le 26 avril dernier.

Le groupe PS a aussi demandé que le projet d'arrêté royal soit transmis au plus vite à la Chambre et que Theo Francken vienne expliquer au parlement en quoi il n'y aurait pas d'alternatives à l'enfermement de mineurs en situation illégale, "ce à quoi le groupe socialiste ne croit pas".

cdH : "Violation des droits de l'enfant"

Pour le président du cdH Benoît Lutgen, il s'agit d'une "violation des droits de l'enfant".

"Après avoir remis en cause les libertés individuelles en évoquant la possibilité de visites domiciliaires, voilà que notre pays s'apprête à violer les Droits de l'enfant", déplore le président du cdH.

Le cdH, ajoute Benoît Lutgen, soutient les associations qui se mobilisent autour de la campagne "On n'enferme pas un enfant. Point". Celle-ci souligne notamment l'impact néfaste de la détention sur la santé, le développement et le bien-être des enfants, y compris en cas de détention de très courte durée et rappelle l'avis de la Cour européenne des Droits de l'Homme considérant l'enfermement des enfants comme un traitement inhumain et dégradant.

Direct de Rachel Crivellaro (JT 13h)

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