Énergies renouvelables: un projet succède à l'autre

Les petites éoliennes ne sont pas près de se multiplier dans le paysage wallon, malgré la conviction du ministre Di Antonio, qui n'en démord pas.
Les petites éoliennes ne sont pas près de se multiplier dans le paysage wallon, malgré la conviction du ministre Di Antonio, qui n'en démord pas. - © Techno Spin

Le "petit éolien" le long des autoroutes : voilà le dada du ministre Di Antonio depuis la législature précédente. Ce n'est pas lui pourtant qui gérait le portefeuille de l'énergie dans le précédent gouvernement wallon, et toujours pas dans celui-ci d'ailleurs, puisqu'il s'agit de Paul Furlan. Mais il continue à pousser contre vents et marées un projet qui n'a jusqu'ici guère avancé.

Le premier test grandeur nature n’a jamais eu lieu : ce devait être de petites éoliennes à axe vertical installée sur les poteaux d'éclairage le long des autoroutes. Qu’à cela ne tienne, puisque le gestionnaire du réseau autoroutier n’en a pas voulu, le ministre Di Antonio sollicite le secteur privé : "On essaie de mettre en contact ceux qui sont les fabricants et ceux qui sont demandeurs d'avoir une unité telle que celle-là chez eux. En tout cas en ce qui  concerne le petit éolien, il y a une forte demande des entreprises."

Le ministre a donc imaginé un autre test grandeur nature des petites éoliennes. Agoria, la fédération des entreprises de l’industrie technologique, est partenaire de l’opération. Thierry Castagne, administrateur délégué : "Pour autant que les conditions soient concluantes à terme, nous pensons qu'il y a peut-être là une voie possible pour une extension à beaucoup plus grande échelle en Wallonie, mais toujours complémentairement au grand éolien dont la validation de la technologie et de la rentabilité a été faite depuis longtemps."

Agoria va maintenant chercher des entreprises pour participer au test, ce qui ne va pas nécessairement de soi. Elles ne voudront pas que ce test soit une charge. Le financement de l’opération sera donc crucial. C’est le premier point. La seconde difficulté, c’est qu’il n’existe qu’un seul producteur local de petites éoliennes - et tout au plus une dizaine dans le monde et qu’il faudra fournir rapidement les machines.
La troisième difficulté, c’est que l’Europe attend 3800 GWh d’énergie renouvelable en 2020, dans 5 ans, et qu’on n’en produit encore à ce jour que 1400.

Pendant ce temps, sur le front photovoltaïque...

Ce secteur a connu une grave crise en 2012 après la suppression des primes par la Région wallonne : plus de 2000 emplois perdus et de très nombreuses faillites. Trois ans plus tard, il est toujours présent à Batibouw mais occupe moins d'espace qu'auparavant.

Alors où en est le secteur ? Gaétan Vander Kinderen, administrateur-délégué de la société Greensun : "Il y avait 2500 ETP (équivalents temps plein) dans la filière, voici un peu plus d'une année - aujourd'hui je pense qu'il y en a 200... Certes il y a eu un nettoyage du marché au niveau de certains acteurs qui n'étaient pas très sérieux. Malheureusement, toute une série de sociétés qui étaient sérieuses ont disparu aussi. Mais le photovoltaïque reste la seule façon pour un ménage de produire sa propre électricité, et reste toujours très intéressant. Le problème c'est que le grand public pense que ça ne l'est plus, à cause des primes qui ont été diminuées mais qui sont toujours intéressantes. Mais elles ne sont plus l'économie la plus importante. Désormais, l'économie la plus importante, c'est le compteur qui tourne à l'envers, c'est la diminution de la facture d'électricité. Voilà la bonne raison pour laquelle les gens devraient le faire aujourd'hui. Et le public revient de nouveau. On avait connu une baisse l'année passée, mais on sent depuis septembre que les choses reprennent, que les gens ont repris confiance et le font pour les bonnes raisons."

Carl Defoy, Thierry Vangulick, Jean-Marc Vierset

 

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