En Wallonie, Theo Francken est plus recherché que Paul Magnette sur Google

Que disent les recherches Google sur la campagne électorale ? Chaque fois que vous faites une recherche, elle est enregistrée sous forme de données anonymes. Que Google collecte puis synthétise, notamment dans ses « Google Trends », un site qui répertorie les « tendances » dans les requêtes, c'est-dire les recherches les plus effectuées sur le moteur de recherche. Rappelons qu'il ne s'agit pas du seul moteur de recherche, mais que sa position est largement dominante sur le marché

Non, Bart de Wever n'est pas en tête des requêtes en Flandre

Google peut vous dire, par exemple quelles sont les figures politiques les plus recherchées en Belgique par les internautes depuis un mois.  Et ce que ce soit sur l'ensemble du pays ou par région. Nous avons collecté ces résultats pour la période du 9 avril au 9 mai, et leur synthèse est accessible sur le graphique ci-dessus. (Cliquez ici si vous ne le voyez pas). Il suffit de cliquer sur le niveau géographique souhaité (Wallonie, Bruxelles, Flandre, Belgique) pour voir le classement correspondant.

Première surprise: en Flandre, ce n'est pas Bart De Wever qui est en tête des requêtes ! Il est en effet devancé d'une courte tête par le cd&V Koen Geens. On ne peut bien sûr rien en conclure sur leur popularité respective: le dernier baromètre politique classait le leader de la NV-A largement en tête, alors que le ministre de la Justice n'apparaissait lui qu'en huitième position. Le meurtre de Julie Van Espen, cette jeune étudiante anversoise tuée par un récidiviste en attente de son procès en appel, a par contre mis le ministre sur la sellette...

En Wallonie, le hit-parade des requêtes ne correspond pas non plus celui à celui de la popularité mesuré lors des sondages. Premier au baromètre politique, le bourgmestre PS de Charleroi Paul Magnette n'apparaît par contre qu'en 5ème position des recherches Google. Il est en effet devancé par Elio Di Rupo, Charles Michel, Willy Borsus mais aussi  Theo Francken. Et ce sont deux autres politiciens flamands qui apparaissent en sixième et septième places de ce top des recherches, devant l'Ecolo Jean-Marc Nollet: Maggie De Block et Kristof Calvo.

Ici aussi, l'actualité a pu jouer un rôle important: Maggie De Block a été sur le devant de la scène avec le refus des chauffeurs de bus de passer par la gare du Nord, par peur de maladies que pourraient soi-disant transmettre les migrants. Et on a beaucoup parlé du présdient de Groen Kristof Calvo avec la vidéo du MR prétendant à tort que les Verts voulaient taxer la viande.

A Bruxelles, c'est Maggie De Block qui apparaît en tête des recherches, devant bart De Wever et Theo Francken. On pourrait s'étonner que les 6 premières places sont trustées par des politiciens néerlandophones. Mais ça s’explique par la technologie : il ne s'agit pas d'un sondage, et Google ne tient pas compte du lieu de résidence des internautes mais de l’adresse de l’ordinateur, estimée selon les serveurs par lesquels transite les connexions internet. Une adresse bruxelloise peut donc être simplement le lieu de travail de citoyens flamands.  

Rappelons qu'il ne s'agit en rien d'un sondage. Ces résultats sont  à prendre pour ce qu'ils sont: un signe de questionnement par rapport à des personnalités, pas l'indice que les personnes qui ont effectué la requête vont voter pour elle. Un exemple bien illustré par le cas « Koen Geens », dont la mise en avant n'a sans doute pas été entièrement positive pour lui....

 La thématique principale? L'emploi

Les tendances Google permettent aussi de voir les thématiques auxquelles s'intéressent les internautes.

Et là, surprise: le changements climatique est peu présent dans ces recherches. La première thématique visée dans les requêtes, c'est l'emploi, et ce dans toutes les régions du pays. Surprenant? Pas nécessairement: à nouveau, cet outil ne mesure que les recherches effectuées, et reflète les préoccupations immédiates des citoyens. Et quand on n'a pas d'emploi, le moteur de recherche est un allié important.

Notons toutefois que si cette recherche est loin devant toutes les autres en Wallonie, elle est suivie de très près en Flandre par la thématique « Impôts ».

Et à Bruxelles, la thématique Brexit apparaît carrément en troisième position. L'influence de la Commission européenne, certainement....

Les partis se positionnent, avec ou sans argent

Au niveau de la campagne, quel est l’intérêt pour les partis politiques de s’intéresser à ces recherches Google ?  Un premier intérêt est d’avoir une indication sur les préoccupations des citoyens qui effectuent ces recherches Google.

Certains partis ont du coup basé une partie de leur stratégie digitale sur ces centres d’intérêt référencés par Google. Car contrairement aux réseaux sociaux, il s’agit d’une démarche plus active de l’internaute et très réactive à l’actualité.

Pour arriver au top des recherches Google, les sites internet des partis doivent être construits avec les bons mots clés et avoir une structure permettant d’être bien référencé. Deux possibilités pour être vu: soit correspondre aux recherches naturelles des citoyens, soit financer des publications payantes.  C'est ce qu'on appelle les « ad words »: on achète des mots-clés pour se retrouver « artificiellement » en tête des résultats de recherche lorsqu'un inrenaute les tape sur Google. MR, PS, NVA ou encore Defi ont recours à ces annonces payantes.  

Le MR par exemple nous a confié avoir dédié pour la première fois dans une campagne électorale un budget d’environ 10.000 euros pour ces annonces Google. Pour DéFi, c’est 10 % du budget digital.  

Les partis aux plus petits budgets comme Ecolo ou le PTB n’ont pas recours à des publications payantes sur Google et mettent plutôt Facebook au cœur de leur stratégie. Avec ses 180.000 vues pour son dernier clip de campagne, le PTB estime ne pas avoir besoin de dépenser beaucoup de budget pour ses publications qui se partagent naturellement.  

(Retrouvez ici l'ensemble des campagnes publicitaires des partis sur Facebook)

Difficile de prédire à ce stade comment ces stratégies influenceront réellement le vote : les recherches sur le moteur de recherche Google ne sont qu’un aspect de leur stratégie digitale à côté des réseaux sociaux.  

 

 

 

 

Archives : Journal télévisé 12/09/2012

Pour les élections communales de 2012, la campagne électorale se jouait déjà sur internet. Quels étaient les partis et les candidats les mieux référencés sur le net ? Quelle était leur stratégie pour utiliser au mieux les réseaux sociaux ? 

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