En quatre ans, près de la moitié des électeurs a changé de vote

En quatre ans, près de la moitié des électeurs ont changé de vote
En quatre ans, près de la moitié des électeurs ont changé de vote - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Selon une étude inter-universitaire à l'échelle du pays, 41% des électeurs ont changé de vote entre le scrutin de 2010 et celui de 2014. Cela peut notamment s'expliquer avec l'estompement des piliers catholique, libéral et socialiste qui fait que les gens ne votent plus systématiquement pour le même parti.

L'étude démontre également, au travers des trente propositions différentes qui ont été soumises à des Wallons et des Flamands, que, sur la majorité des points, on est d'accord des deux côtés de la frontière linguistique. Il n'y a pas deux opinions publiques différentes en Belgique, malgré quelques divergences notables.

La plus grande divergence d'opinion porte sur le gel des salaires. Seuls 24% des Wallons sont pour, contre 48% en Flandre.

"C'est sans doute en partie dû au contexte socioéconomique très différent au nord et au sud, explique Benoît Rihoux, politologue à l'UCL. Le nord était et est en tout cas plus proche du plein emploi que le sud, qui a un problème de chômage structurel beaucoup plus important. La question divise donc les deux opinions."

Autre enseignement plus étonnant : à la question de savoir si le pays doit accepter des immigrés hors Union européenne pour combler, et la précision est importante, les manques sur le marché du travail, près de 40% des Flamands interrogés y sont favorables, pour seulement 22% des Wallons. Le contexte économique expliquerait cette différence.

"Mais cela s'explique aussi avec la manière dont la question est discutée dans les mass media et politiquement en Flandre. On a parlé de l'immigration de "luxe" ou qualifiée, ce qui n'a rien à voir avec les vagues d'immigration incontrôlées, à travers la Méditerranée par exemple.

Enfin, il y a inévitablement des paradoxes... À plus de 90%, Wallons et Flamands sont pour l'instauration de service minimum en cas de grève. Mais un Wallon sur deux, et près de deux Flamands sur trois, estiment que le droit de grève ne peut être limité.

Marc Sirlereau

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