En dix ans, la Belgique a renvoyé 15.000 Européens

En dix ans, la Belgique a renvoyé 15.000 Européens dans leur pays, ressort-il d’une étude comparative des droits aux aides sociales pilotée par l’Université de Liège et menée par une centaine de chercheurs européens, citée dans L’Echo mercredi.

En Belgique, comme en France ou en Irlande, la dépendance à l’assistance sociale peut affecter négativement le renouvellement des permis de résidence des migrants ou leur demande de regroupement familial.

"Les restrictions mises en place en Belgique font par exemple que des citoyens européens qui sont là depuis un ou deux ans et sont inscrits au centre public d’aide sociale (CPAS) se voient retirer leur droit de résidence. En dix ans, 15.000 Européens ont ainsi perdu leur droit de résider en Belgique", observe Jean-Philippe Lafleur, professeur de recherche sur les migrations à l’Université de Liège. Les chiffres d’expulsion de citoyens européens étaient au plus haut au cœur de la crise des dettes souveraines, ce qui marque leur dimension cyclique, souligne M. Lafleur, même si la baisse observée récemment peut aussi s’expliquer par des récriminations émises par les institutions de l’UE sur les pratiques du royaume.

Reste que, "dans le cas de la Belgique, on voit que la politique sociale devient un moyen de sélectionner le type de migrants que l’on veut", affirme le chercheur. La Belgique est loin d’être la seule à utiliser les critères d’accès aux prestations sociales comme outils de sanction pour l’accès à la résidence ou la nationalité, poursuit-il : "Seuls six États membres ne prévoient pas explicitement de sanction pour l’étranger qui fait usage de prestations sociales".

L’analyse, financée par le Conseil européen de la recherche (ERC), compare les critères d’accès à l’État providence (santé, chômage, pension, allocations familiales, assistance sociale) pour les non-nationaux et met en évidence qu’ils varient sensiblement d’un État à l’autre – ce qui complique l’accès à la protection pour les travailleurs mobiles, souligne Jean-Philippe Lafleur.

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