En 2014, la Grande Guerre a cent ans. Qui va faire quoi?

Le député bruxellois MR Alain Destexhe a lancé mardi un appel à un sursaut côté francophone. Il dépose un projet de résolution pour que l'on lance enfin des initiatives pour le souvenir côté francophone. Il faut dire que la Flandre a pris pas mal d'avance et met les moyens avec peut être quelques objectifs politiques. Une Flandre qui, semble-t-il, est mollement suivie par Wallonie et Bruxelles, qui promettent un plan pour l'été.

La Flandre est-elle en voie de confisquer les commémorations du Centenaire de la Grande Guerre ? En tout cas, le ministre N-VA de l'Intérieur, du Tourisme et du Patrimoine, Geert Bourgeois, ne ménage pas sa peine depuis 2009, pas plus que le numéro 1 flamand, Kris Peeters, et dans une moindre mesure Yves Leterme, tous grands défenseurs du Westhoek, la Flandre Occidentale, haut-lieu des combats de 14-18.

La Flandre a sorti la grosse artillerie : 20 millions d'euros sur la table, 44 projets soutenus, dont la rénovation des tranchées et du musée de la tour de l'Yser à Dixmude, le musée In Flanders fields d'Ypres, ceux de Poperinge, Passendaele, Nieuport. Tout cela, comme l'a dit Geert Bourgeois, pour "mettre la Flandre sur la carte du monde", attirer deux millions de visiteurs en quatre ans et espérer 200 millions de retombées.

Et au sud du pays ?

De son côté, le gouvernement fédéral a désigné un coordinateur, Jan Breyne, ancien directeur du tourisme et secrétaire honoraire de la Ville d'Ypres, frère du gouverneur de la province. Il coordonne ce qu'il peut, encore faut-il des initiatives. 

En Flandre, pas de problème. Au sud par contre, cela traîne. Même si du côté des autorités de la Communauté française, sans vouloir polémiquer avec Alain Destexhe, on se défend. Un comité scientifique a été créé au nom des gouvernements wallons et de la Communauté française pour élaborer un plan opérationnel pour la mi-juin. Il a examiné le sens de ces commémorations, les valeurs nationales ou fédérales à mettre en avant, dressé la liste des lieux de mémoires, interrogé les autorités locales, pour définir un programme. Aucun retard donc. 

Laurence Van Ypersele, historienne à l'UCL, qui dirige ce comité, rassure : "On ne croit pas du tout qu'on soit en retard du côté francophone, nous sommes tout çà fait en phase avec ce qui est en train de se mettre en place au niveau international. La France est en train de se mettre en mouvement gentiment. La Grande-Bretagne est en train de se mettre en mouvement ; la Belgique francophone est dans ce mouvement général. On peut dire qu'elle est en retard par rapport à la Flandre mais n'est pas en retard par rapport à l'économie générale de la Mémoire de la première guerre mondiale. Les choix seront faits et le volet budgétaire finalisé en septembre. Tout le monde, à son rythme, devrait donc être au rendez-vous de 2014."

 

Fabien Van Eeckhaut

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