En 2011, la Belgique a fini par avoir un gouvernement

Elio Di Rupo retrouvait peu à peu la voix, début juin
Elio Di Rupo retrouvait peu à peu la voix, début juin - © RTBF

Les journalistes politiques de la RTBF n'ont pas chômé cette année. Mais ce qu'on retiendra de 2011, c'est que nous avons fini quand même par avoir un gouvernement. Retour sur l'année politique.

La crise politique, vous l'avez suivie avec nous jour après jour. Finalement, c'est un record mondial hors catégorie qui s'est arrêté à 541 jours sans gouvernement. Avec en prime un premier ministre wallon et francophone. C'est bien sûr l'image marquante de cette année 2011. Mais ce gouvernement tant attendu a du bien vite descendre de son petit nuage.

Même le Roi désespérait de nommer enfin un gouvernement. Alors, ce 6 décembre, l'ambiance est détendue comme jamais, lors d'une prestation de serment historique. 

La Belgique pense vivre un moment de grâce. Depuis 1974, il n'y avait plus eu de premier ministre francophone.

Mais à peine une semaine plus tard, Liège est plongée dans le chaos. Des circonstances dramatiques où Elio Di Rupo doit assumer ses premiers gestes de Premier ministre..

Quatre jours plus tard, les syndicats des services publics sont en grève. Et des barrages paralysent une bonne partie du pays. 
 
La réforme des pensions sera malgré tout votée dans la foulée. Mais cela semble une évidence: la vie de ce gouvernement ne sera pas un long fleuve tranquille.

De nouveaux présidents et un divorce

Il y a eu aussi de grands chambardements dans les partis. De nouveaux présidents, et un divorce.

Le divorce entre le FDF et le MR. Le FDF a refusé l'accord institutionnel et vit sa vie tout seul désormais. Le MR a un nouveau président, Charles Michel. Et toujours au rayon des promotions : Benoît Lutgen trône au cdH, et Bruno Tobback au sp.a. Le grand chambardement.

Vie publique vs. vie privée

540 jours sans gouvernement. Ça crée des liens entre négociateurs. Sur le plan humain, en 2011, on a appris à mieux connaître ces hommes et femmes politiques. Et l'on a parfois cherché la frontière entre vie publique et vie privée. Les négociations ont été rythmées par des naissances, des décès, et aussi des indiscrétions parfois embarrassantes. Fallait-il par exemple parler des SMS torides de Yves Leterme ? Gros débat éditorial ce jour-là.

Image marquante de 2011: Johan Vande Lanotte est plongé dans sa mission de médiateur lorsque sa mère décède. Le jour même où le Roi lui demande de poursuivre sa mission. Il continuera 15 jours plus tard avant de démissionner fin janvier. Johan Vande Lanotte dira avoir vécu le pire moment de sa carrière.

Des hommes politiques qui restent avant tout des êtres humains. Touché par la maladie. Elio Di Rupo s'est fait opéré une semaine plus tôt des cordes vocales. Il est alors formateur et le pays resté suspendu une semaine à son repos forcé.

Puis vient le temps de l'été. Et ses préoccupations plus frivoles. La presse flamande s'empare des SMS envoyé par Yves Leterme à une femme qui affirme être sa maîtresse. SMS et aussi un tweet envoyé par erreur à des milliers d'internautes. Des nouvelles technologies qu'on a plutôt intérêt à maitriser en politique.

Le pire cauchemar pour la bourgmestre d'Alost filmée en plein ébat lors de ses vacances. Des nouvelles technologies qui mettent au jour comme jamais la vie privée des hommes et femmes politiques.
 
Retour des vacances, Elio Di Rupo, toujours discret sur sa vie privée, doit lui pourtant affronter une nouvelle épreuve. Le décès de son frère et des négociations qui sont à nouveau suspendues.
 
Car un an de crise politique, c'est la vie qui passe. Wouter Beke, est père d'une petite Nette. Et les négociateurs ont beau passer leur temp à s'étriper sur des textes de loi, il y a des choses qui fédèrent.

Deuxième cadeau, cette fois pour Alexander De Croo. Décidément des mois de réunions, ça crée des liens. Même au delà de ce qu'on pourrait penser. Bart De Wever préface un livre de Johan Vande Lanotte, preuve qu'au delà des idéologies, les relations humaines sont aussi un ingrédient qui pimente la vie politique.

Les disparus

Et puis il y a ceux qui ont disparu de l'image. Soit du paysage politique belge, soit de la photo de famille du gouvernement.

Appelons-les "les disparus de l'année". C'est un peu fort pour certains, c'est le mot qu'il faut pour d'autres. Ils ont un point commun : ils ne sont pas dans le nouveau gouvernement. A commencer par Yves Leterme qui va devenir un abonné du Thalys.

Elio Di Rupo entre au 16, et donne à Yves Leterme son ticket de sortie. Un départ annoncé depuis l'été puisque le premier ministre des plus longues affaires courantes de l'histoire a choisi de quitter la politique belge pour l'OCDE. Depuis le 16 septembre, il a été nommé secrétaire adjoint à Paris. Il pourra finalement rejoindre l'organisation début 2012.

Et puis il y a ceux qui n'ont pas eu le choix. Sur la photo de famille prise lors de l'accord institutionnel, les photographes semblent déjà avoir du mal à garder les verts à l'image. L'Open VLD, surtout, ne veut pas des écologistes flamands au sein du gouvernement. Du côté des verts, on quitte donc la table des négociations, avec amertume. 
 
Depuis ce 7 juillet 2011, on sait que le gouvernement se fera sans la N-VA. 7 juillet, le jour où Bart De Wever dit "non" à la note Di Rupo.  

Et puis il y a ces hommes qui ont perdu beaucoup en 2011. Michel Daerden perd sa place au sein du gouvernement. Mais en plus, en mars dernier, l'homme fait l’objet d'un putsch dans sa commune. Il est mis en minorité à Ans par son ancien poulain.

Pour Michel Daerden, 2011 sonne comme une fin de règne. Aux élections communales de 2012, il se présentera dans la commune voisine de Saint-Nicolas.

RTBF



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