Emploi en Belgique: la situation s'améliore mais pas de quoi crier victoire

Charles Michel était aux anges ce mardi 10 octobre lors de son discours de rentrée à la Chambre. Mais pas de quoi crier victoire, selon les économistes.
Charles Michel était aux anges ce mardi 10 octobre lors de son discours de rentrée à la Chambre. Mais pas de quoi crier victoire, selon les économistes. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Charles Michel était aux anges ce mardi 10 octobre lors de son discours de rentrée à la Chambre. Sur le plan de l'emploi, le Premier ministre a, en effet, insisté sur les 130 000 emplois créés en Belgique depuis l'entrée en fonction de son gouvernement en octobre 2014. Les économistes contactés confirment ce chiffre. Certains parlent même de 133 000 emplois nouveaux. Mais, dans le même temps, ils apportent des nuances. 

Muriel Dejemeppe est économiste à l'UCL et chercheuse à l'IRES: "La situation sur le plan de l'emploi en Belgique va mieux depuis la fin 2014. Mais cela s'explique surtout par l'évolution du contexte économique à l'échelle mondiale et européenne, plus que par l'action du gouvernement. Aux Pays-Bas et en Allemagne, par exemple, la création d'emplois a été plus importante que chez nous".

70% des nouveaux emplois dans le privé 

Sur les 133 000  nouveaux emplois, 96 000 l'ont été dans le privé, notamment dans le secteur des titres-services. Un secteur largement subventionné par l’État. Et 37 000 dans le secteur public, mais presque exclusivement dans les domaines de l'action sociale et de la santé.  

L'emploi temporaire frappe surtout les jeunes 

Charles Michel a également expliqué hier que les nouveaux emplois créés n'étaient pas précaires. Bref, qu'ils n'étaient pas temporaires. Là-dessus, aussi, les économistes nuancent. Aujourd'hui, un travailleur sur dix en Belgique occupe un emploi temporaire: intérimaire ou contrat à durée déterminée. Mais chez les jeunes de moins de 30 ans, la proportion monte à un sur quatre, un chiffre en augmentation depuis 2014.

Le temps partiel a légèrement augmenté 

Aujourd'hui, un quart des travailleurs belges sont occupés à temps partiel. Et on constate une légère hausse depuis deux ans. Mais le plus marquant est la différence entre hommes et femmes, une différence qui n'est pas neuve. Si 10% des hommes sont employés à temps partiel, du côté des femmes, elles sont à plus de 40%.

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