Charles Michel soutient à son tour Emmanuelle Praet, après sa suspension d'antenne sur RTL

Emmanuelle Praet
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Emmanuelle Praet - © ISOPIX

La direction de la chaîne privée RTL a annoncé dimanche la suspension d'antenne, tant en télé qu'en radio et à titre conservatoire, de sa chroniqueuse Emmanuel Praet pour des propos considérés comme "outranciers" tenus lors de l'émission dominicale "C'est pas tous les jours dimanche".

La journaliste et chroniqueuse avait interpellé les représentants des gilets jaunes présents en plateau en pointant notamment le fait qu'ils avaient "toujours voté pour les mêmes en Wallonie" et que "aux dernières élections, Ecolo a fait un bond, que toutes ces taxes que vous avez sont des taxes environnementales, alors, aux prochaines élections, réfléchissez quand même un peu".

Des propos qui ont fait réagir la coprésidente d'ECOLO, qui demandait via Twitter une réaction de RTL:

La direction de RTL a condamné les propos et annoncé la suspension d'antenne dans l'attente d'une réunion avec Emmanuelle Praet. Une décision condamnée par le secrétaire d'état N-VA Theo Francken : "Le duo présidentiel vert Nollet-Khattabi a demandé la démission d'Emmanuelle Praet, parce qu'elle a déclaré ce matin que les gilets jaunes devaient mieux réfléchir avant d'aller voter car ces augmentations de carburant sont des exigences écologiques. Ils ont obtenu son scalp sur le plateau de RTL".

Et d'insister : "Des présidents de parti exigeant la démission d'un commentateur politique, journaliste. J'ai peur de ces verts. Et je suis choqué que RTL se mette ainsi à genoux".

Mais Théo Francken n'a pas été le seul à réagir : du côté du MR, plusieurs élus ont aussi tenu à soutenir publiquement la chroniqueuse. C'est le cas du montois Georges-Louis Bouchez, qui souligne la différence entre le rôle de chroniqueur, qui donne ses opinions et celui, plus neutre, de journaliste. Mais aussi d'élus bruxellois comme Marion Lemesre ou Eric Sax.

Une affaire évoquée au bureau du MR ce lundi matin

Lors du bureau de parti, Charles Michel a en effet pris lui aussi la défense d'Emmanuelle Praet : "Merci à ceux qui ont apporté leur soutien public à Emmanuelle Praet, a-t-il déclaré durant la réunion. Elle a agi comme chroniqueuse et non comme journaliste. Elle a exprimé une opinion et c'est normal de sa part". Une prise de position à interpréter dans le sens large d'une défense de la liberté d'expression et du libre débat démocratique, insiste une source libérale. Un argument que l'on a retrouvé ensuite dans tous les tweets et prises de position de membres du parti. 

Côté libéral toujours, mais côté flamand cette fois, la présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten, a elle aussi apporté son soutien à Emmanuelle Praet, estimant que la décision de RTL constitue un " mauvais signal ". " Chaque politicien entend et lit des analyses sur lui-même, sur l'idéologie de son parti, qui sont fausses ou contraires à ce qu'il pense. Faire avec ça fait partie de la démocratie libérale. Si l'on n'est pas d'accord, on demande un droit de réponse. Pas de suspension ", a-t-elle tweeté.

A noter que même si sa suspension est levée, on devrait moins entendre la chroniqueuse sur RTL en 2019 : La Dernière Heure annonce en effet la suppression de l'émission radio "On refait le monde". Selon le quotidien, le débat quotidien mené par Patrick Weber passe à la trappe pour des raisons budgétaires.

Le débat quotidien mené par Patrick Weber en début de soirée reviendrait trop cher à la radio du groupe RTL Belgium. Outre le présentateur, ce dernier doit également rémunérer les différents chroniqueurs de l’émission, comme Emmanuelle Praet ou Alain Raviart.

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