Emmanuel Macron a toujours des adeptes en Belgique

Emmanuel Macron a toujours des adeptes en Belgique
Emmanuel Macron a toujours des adeptes en Belgique - © THIERRY ROGE - BELGA

Emmanuel Macron sera en Belgique ce lundi et mardi en visite officielle. Emmanuel Macron, un nom, un projet qui a attiré bon nombre en Belgique francophone. Jean-Yves Huwart a lancé en juin 2017 En Marche.be, une référence claire et nette au mouvement En Marche créé par Emmanuel Macron. "Les constats de Macron pouvaient et peuvent toujours s'appliquer à la Belgique en matière d'enseignement ou encore de dynamisation de l'économie. Il a suscité et suscite encore, explique Jean-Yves Huwart, un élan nouveau pour sortir de la particratie et du clivage gauche-droite qui empoisonne la vie et cadenasse le système politique de beaucoup de pays développés. C'est un clivage du 19e siècle." Mais voilà, En Marche.be n'existe plus.

Pas facile de faire du Macron en Belgique

Jean-Yves Huwart le reconnaît. Mais si En Marche.be n'existe plus, c'est dû, dit-il, à une multitude de raisons. "C'est toujours compliqué d'émerger pour un nouveau mouvement même dans la foulée de l'élection de Macron. Pour émerger, il faut des moyens, un accès aux médias et puis, le nom En Marche.be effrayait progressivement les gens avec qui nous voulions nous unir ou discuter. Aujourd'hui, on a rejoint un autre mouvement européen citoyen qui s'appelle Volt." Mais Jean-Yves Huwart n'a pas changé d'avis, il croit toujours au projet d'Emmanuel Macron malgré ses vicissitudes au pouvoir depuis un an et demi.

Enghien en Mouvement

Jean-Yves Sturbois a quitté le MR et dans sa commune, il a lancé Enghien En Mouvement pour les élections communales. Son pari est réussi, sa liste citoyenne a obtenu 18% et elle comptera deux échevins dans la nouvelle majorité avec Ecolo et le PS. En Mouvement, EM, une référence à Emmanuel Macron? Jean-Yves Sturbois nuance : "C'est plutôt une reconnaissance à une certaine dynamique lancée par Macron avant l'élection présidentielle. La Belgique a un tout autre schéma politique qu'en France. Le système politique est aussi très différent. On ne peut pas faire la même chose. On n'a pas non plus de personne charismatique comme Macron."

Macron n'est pas encore parvenu à dépoussiérer le monde politique français

Dépasser les clivages traditionnels, faire de la politique autrement, selon d'autres critères et paramètres, c'était et c'est toujours l'une des priorités du président de la République française. Mais pour Jean-Yves Sturbois, Emmanuel Macron n'y est pas encore arrivé. "Cet objectif n'est clairement pas atteint. Notamment car le poids des politiques traditionnelles est encore lourd. C'est un système qui fonctionne en vase clos avec ses propres intérêts. Le monde politique, c'est une entreprise, dit-il, qui doit également rémunérer convenablement ses actionnaires. C'est un peu comme cela que fonctionne les partis politiques. Et Emmanuel Macron est loin d'être arrivé à le faire."

Le MR, le CDH et Défi sont aussi pro-Macron

Et cela peut sembler paradoxal mais il n'y a pas que des mouvements neufs et citoyens qui se sont retrouvés dans le programme et la manière de faire d'Emmanuel Macron. Depuis la campagne présidentielle et c'est toujours le cas aujourd'hui, MR, CDH et Défi ne cachent pas leurs affinités avec le président français. Charles Michel, en premier, se veut proche et complice d'Emmanuel Macron, notamment sur sa vision de l'Europe. Le monde politique belge francophone "aime", il est vrai, avoir un modèle en France. En 2007, une grande partie du MR, emmené par Didier Reynders, se disait proche de Nicolas Sarkozy. En 2012, le PS était aux anges après l'élection de François Hollande. Dans les deux cas, avec le temps et des sondages en berne, les rapprochements se sont faits beaucoup moins nombreux. C'est la dure loi de la politique...

 

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