Emir Kir sur la manifestation pro-kurde: "C'était comme permettre à Daesh de défiler à Madrid"

Des partisans du président turc Recep Tayyip Erdogan ont manifesté jeudi dans les rues de Saint-Josse, en réponse à la manifestation pro-kurde et anti-Erdogan de la journée. Un feu de bengale a notamment été lancé vers l'Institut kurde

Interrogé par la RTBF, le bourgmestre PS de Saint-Josse, Emir Kir condamne les faits: "C'est un comportement qui ne peut pas arriver. On est dans un Etat de droit, on n'a pas le droit d'aller casser, agresser, d'aller faire les bandits. Ces comportement sont inadmissibles d'où qu'ils viennent".

Cependant, il dénonce aussi la manifestation pro-kurde qui a eu lieu dans la journée, estimant qu'elle défendait en fait le PKK. "On entend la colère qui monte dans la communauté turque depuis hier. Hier, dans le déclaratif, c'était une manifestation pour dénoncer la politique du gouvernement Erdogan. Mais dans la réalité, on a vu défiler des militants de l'organisation terroriste PKK. Et pour les Turcs, quand vous parlez de PKK, c'est la résonance par rapport aux attentats successifs en Turquie qui ont fait des dizaines de milliers de morts. La Belgique est un pays ami de la Turquie et ils ne comprennent pas pourquoi les autorités donnent systématiquement des autorisations à certaines associations qui en réalité permettent la propagande terroriste. C'est comme si on permettait à Madrid de faire une manifestation pour Daesh, ce serait insupportable pour les Belges qui ont vécu les attentats".

Le président du PS Elio Di Rupo a appelé Émir Kir pour clarifier la situation. Et de rappeler la position du PS sur la situation turque  "Nous condamnons fermement la politique de répression de l’opposition menée par le régime turc sous couvert de lutte contre le terrorisme."

Un contexte tendu

Lors de la manifestation pro-kurde, de nombreux drapeaux d'Abdullah Ocalan, leader historique du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) actuellement en prison, ont en effet été brandis. Mais les organisateurs de la manifestation se sont retranchés derrière le non-lieu rendu le 3 novembre dernier par la Chambre du Conseil de Bruxelles sur le renvoi au tribunal correctionnel de membres du PKK pour terrorisme.

Cette manifestation a eu lieu dans un contexte de tension croissante entre la communauté kurde et le président turc Recep Tayyip Erdogan. La Turquie est l'objet de sévères critiques en raison de la répression massive dans le pays après l'échec du coup d'Etat de juillet dernier. Des membres du HDP et du PKK, entre autres, ont été arrêtés.

La question est également à l'origine de tensions avec la Belgique, le Premier ministre Charles Michel ayant qualifié mercredi d'"absurdes" les propos de Recep Tayyip Erdogan accusant notre pays d'être "un important centre" pour les partisans du PKK.

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