Emily Hoyos: "On applique des recettes que l'on sait déjà périmées"

Les critiques d'Ecolo sur le budget 2013 (qui doit être voté ce jeudi après-midi à la Chambre) sont-elles injustes et indignes comme l'affirme le Premier ministre, Elio Di Rupo ?

Pas du tout, si l'on en croit Emily Hoyos qui dit s'interroger sur la place des intérêts notionnels dans ce budget : "Je ne comprends pas la contradiction entre les paroles sur les plateaux TV, notamment le dimanche midi, et puis le fait que dix jours plus tard le gouvernement fédéral nous demande de voter un texte dans lequel se trouve ce système que l'on sait mauvais, qu'eux-mêmes savent mauvais puisqu'ils nous rejoignent sur la critique. J'ai été présidente de Parlement, je sais qu'on peut déposer en dernière minute un amendement parlementaire, un texte. Le gouvernement fédéral prend la responsabilité de ne pas le faire, et je comprends donc la colère de mes collègues Ecolo au Parlement".

Et d'ajouter : "Remettre en cause les intérêts notionnels, c'est effectivement se donner de la marge de manœuvre pour pouvoir faire d'autres choses et pour pouvoir essayer de maintenir un rythme de désendettement".

"On risque de suivre la route de la Grèce et de l'Espagne"

Embrayant sur le désendettement, Emily Hoyos pointe du doigt le fait que Paul Magnette et Joëlle Milquet remettent aujourd'hui en cause le rythme de désendettement. C'est ce qu'Ecolo dit depuis des mois, dit-elle, car "à ce rythme-là, on risque de suivre la route de la Grèce et de l'Espagne". Et de citer des chiffres : "On a 57% de jeunes chômeurs en Grèce et 56% en Espagne, est-ce que c'est ça que l'on veut ?".

"Il y a quelques mois, l'Union européenne a décidé que la réponse à tout, c'était l'austérité. L'austérité pour l'austérité", poursuit-elle, "l'économiste en chef du FMI (qui, on le sait n'est pas un ami d'Ecolo) dit aujourd'hui qu'ils se sont trompés, que l'ampleur de l'austérité demandée crée la récession. Or pourtant, comme pour les intérêts notionnels, on sait que c'est mauvais et pourtant le gouvernement fédéral le remet dans son budget".

En d'autres termes, pour elle, "on applique aujourd'hui des recettes que l'on sait déjà périmées".

"Si on ne fait que de la responsabilité budgétaire, on condamne des générations entières au chômage et on ne relance pas l'économie", affirme-t-elle. Il faut donc d'autres objectifs, "des objectifs socio-économiques et environnementaux".

C. Biourge

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