Emily Hoyos ne ferme pas la porte à une mini-prolongation de 2 réacteurs

Pour Emily Hoyos, le clip qui fait aujourd’hui le buzz dans toute la presse est à la fois "malhabile et maladroit". Mais elle stigmatise "le chantage qu’organise Electrabel par rapport à l’approvisionnement énergétique en Belgique"

Un chantage qui selon Ecolo est organisé par Electrabel en profitant de sa position dominante pour supprimer les alternatives au nucléaire. "Electrabel organise la pénurie en annonçant la fermeture des outils  de production les plus performants plutôt que les centrales nucléaires les plus anciennes. Et cela, c’est un chantage inacceptable".

Pour la coprésidente Ecolo, la responsabilité des gouvernements qui ont suivi la décision, prise il y a dix ans, de sortir du nucléaire est de ne pas avoir prévu d’alternatives: "Force est de constater que les objectifs d’il y a dix ans ne sont pas rencontrés et que la Belgique doit envoyer un message clair sous forme d’investissements". Mais Emily Hoyos dit constater que la situation évolue. Avec notamment la Creg qui pense qu’il faudra laisser une ou deux centrales nucléaires ouvertes pendant une année.

Faute d’alternative, le gouvernement devra-t-il prolonger au moins deux centrales ? A la question de Bertrand Henne, Emily Hoyos a d’abord répondu qu’Ecolo refusait l’image d'ayatollah antinuclaéaire : "Nous sommes responsables. Sortir du nucléaire sans alternative, c’est un mauvais choix, mais prolonger de 10 ans la vieille énergie nucléaire, ce n’est pas possible. Nous devons faire partie des pays de pointe qui font le pari des technologies de demain comme l’Allemagne qui veut réduire le CO2 de 40% d’ici 2020 tout en créant des dizaines des milliers d’emploi".

"Moi je fais confiance au régulateur"

Emily Hoyos a encore précisé sa position lors des questions posées par le public. Alors que Bertrand Henne lui demande ce qu'elle ferait si elle était à la place du ministre de l'Energie, elle répond: "Si j'étais à la place de Melchior Wathelet, sur base des chiffres qui sont ici, je devrais sans doute dire qu'on ne peut pas fermer tout de suite mais qu'on doit tout faire pour investir et fermer très vite. Le ministre de l'Energie doit se fier à des chiffres objectifs et les seuls chiffres objectifs sont ceux de la CREG; et la CREG dit que d'ici deux, trois ans on doit pouvoir fermer les trois réacteurs prévus." Et Emily Hoyos de dénoncer d'ailleurs le "véritable chantage mené par Electrabel qui organise lui-même la pénurie d'approvisionnement puisqu'il ferme non pas des centrales nucléaires -ce qu'a décidé le gouvernement fédral il y a dix ans- mais des centrales performantes dont on a besoin; et qui ce faisant, fait en sorte que Melchior Wathelet doit dire 'je dois constater que si Electrabel met ses menaces à exécution, je ne suis pas en capacité de fermer les trois plus vieux réacteurs nucléaires prévus' ".

Vote du nouveau traité européen: pas dans sa forme actuelle

La feuille de route présentée par Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, avant le sommet de jeudi rassure Ecolo pour ce qui concerne la régulation  bancaire. "Je constate que l’Union Européenne veut enfin prendre en main ceux qui nous ont mis dans cette ornière". Mais elle demeure inquiète face à la faiblesse des mesures prises en termes d’intégration politique et fiscale.

"Ecolo estime que la mutualisation des dettes est une nécessité pour atteindre une vraie solidarité à l’échelle européenne. Il faut sortir de la crise par la coalition des trois objectifs  économiques, sociaux et environnementaux. Et pas seulement par la rigueur budgétaire". Et pas question, pour Emily Hoyos, de voter le nouveau traité de la règle d’or dans sa version actuelle : "La règle d’or doit aussi être sociale et environnementale".

Le plan de déploiement Ecolo: 3 milliards de dépenses

Impayable le plan de redéploiement proposé par Ecolo ? Réduction des charges dans les PME (250 millions par an), bonus salarial (500 millions), nouvelles ressources pour les CPAS  (600 millions)… Soit un budget total de 4 milliards par an. "Trois  milliards grâce à l’effet retour sur la productivité des entreprises", rétorque l’invitée de Bertrand Henne qui dit pouvoir trouver de nouveaux moyens sous forme de recettes accrues dans les bénéfices d’Electrabel (650 millions) et grâce à la réduction des intérêts notionnels (1,3 milliards).

Les noyaux d’habitat tuent-ils la ruralité ?

Ecolo présente la ruralité comme un enjeu de la Wallonie : "La pression démographique mais aussi les services de proximité sont menacés dans nos villages. Il faut donc les revitaliser et les autres partis veulent cacher leurs politiques qui vont à l’encontre  de la vitalisation de la ruralité ". Et comme le sujet est au cœur des élections communales, Emily Hoyos précise qu’elle n’est pas candidate bourgmestre de Profondeville, mais bien tête de liste. "Notre premier objectif est de fragiliser cette majorité absolue".

JCV

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK