Émeutes à Anderlecht : Pascal Smet se pose des questions sur l'action de la police, elle réagit avec colère

Pascal Smet, le  Secrétaire d'Etat de la Région de Bruxelles-Capitale à l'Urbanisme, au Patrimoine, aux Affaires européennes et internationales et au Commerce extérieur, à la Coopération au développement, à la Prévention des incendies et aux Soins médicaux d'urgence.
Pascal Smet, le Secrétaire d'Etat de la Région de Bruxelles-Capitale à l'Urbanisme, au Patrimoine, aux Affaires européennes et internationales et au Commerce extérieur, à la Coopération au développement, à la Prévention des incendies et aux Soins médicaux d'urgence. - © THIERRY ROGE - BELGA

Le secrétaire d'État bruxellois Pascal Smet (one.brussels-sp.a) s’est interrogé, dimanche lors d’une publication sur sa page Facebook, sur la poursuite de la police qui a mené au décès d’un jeune Anderlechtois de 19 ans. L’incident a conduit à des émeutes dans la commune durant le week-end. Selon lui, ces émeutes indiquent qu’une autre approche est nécessaire à Anderlecht. Son commentaire a été critiqué par le syndicat de la police SLFP.

"Adil, je ne pense pas l’avoir déjà rencontré. Mais ceux qui l’ont connu disent qu’il était un jeune homme amical et serviable, il est maintenant privé de son avenir. Pas à cause du coronavirus, mais des suites d’un contrôle de police qui a dérapé. Il y a certainement des questions à se poser là-dessus. Pourquoi a-t-il fui le contrôle de police ? Était-ce réellement la priorité absolue cette nuit-là ? N’était-il pas possible de trouver une autre approche ? Aurait-on pu venir le trouver chez lui le lendemain et lui rappeler sa responsabilité ? Mais malgré tous leurs discours sur la proximité, ils ne connaissaient peut-être pas son nom. Ce sont des questions auxquelles la police elle-même et la justice devront apporter de vraies réponses. Pas nous", déclare Pascal Smet sur sa page Facebook.


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Il condamne par ailleurs les violences mais souligne aussi que ce n’est pas la première fois que des émeutes éclatent à Anderlecht.

"Et quand des dizaines de jeunes se mettent à s’attaquer à la police, c’est qu’il y a quelque chose de grave. Une rupture de confiance. De la défiance. De l’incompréhension. Et carrément de la haine. Et ce des deux côtés. Parce que c’est bien ça la situation à Cureghem. En lutte. Ces émeutes ne sont-elles pas pour certain comme un appel, un cri pour attirer l’attention ? Ne pouvons-nous pas briser ce cercle vicieux ?", se demande-t-il.

Invitation aux communes à l’introspection

"Une fois terminé l’épisode du coronavirus, il faut qu’Anderlecht, mais aussi les autres communes et le Région, se livre à une véritable introspection et se pose la question : que ferons-nous de concret ? La seule réponse est : structure, proximité (les agents de quartier connaissent leur quartier et ses habitants), fonctionnement orienté vers les résultats et, surtout, un dialogue permanent, la participation, et donner de l’espoir et considérer les gens avec dignité", ajoute Pascal Smet.

Le syndicat de la police SLFP a réagi avec colère. Il blâme particulièrement Pascal Smet d’avoir jugé l’action de la police sans être au courant de ce qui s’y passait. "Ne vaudrait-il pas mieux s’abstenir de tout commentaire ? […] Vous ferez mieux de défendre la police de la Région de Bruxelles-Capitale qui fait son travail au quotidien pour faire respecter les mesures contre le coronavirus. Une crise qui a déjà 3600 morts".