Elke Van den Brandt, Groen : "C'est la responsabilité des politiques de protéger la santé publique"

Elle a décidé de transformer la mobilité bruxelloise. A grande vitesse. Et pas toujours en faveur de l’automobile. Elke Van den Brandt est l’invitée de "Matin Première" ce vendredi matin.

Alors que le salon de l’Auto ouvre ses portes ce vendredi, et attend près d’un demi-million de visiteurs elle assume son côté anti-voiture : "ne rien faire faire, ça c’est anti-voiture, il y a une urgence sur les bouchons, sur le stress que cela provoque chez les gens. Il faut trouver des solutions, convaincre une partie des navetteurs qui se déplacent en voiture de la faire autrement pour pouvoir fluidifier le trafic pour ceux qui n’ont pas d’alternative, ça, c’est l’enjeu. En plus il y a une urgence économique car tous ces bouchons nous coûtent entre 4 et 8 milliards d’euros par an. Pour les Bruxellois aussi il y a une urgence de santé publique et ça, ce n’est pas anti-voiture, tout le monde va bénéficier d’un trafic plus fluide".

Le gouvernement en région bruxelloise a décidé de bannir le diesel en 2030, l’essence en 2035. D’ici là, Bruxelles a instauré une zone de basse émission, la ministre assume : "les gens sont maintenant prévenus, il faut améliorer la qualité de vie, la qualité de l’air, nous prenons des mesures comme à Paris ou Berlin".

Tout pour l’électrique ?

"C’est la responsabilité des politiques de protéger la santé publique" explique la ministre bruxelloise qui comprend "que l’on peut voir ces mesures comme radicales" mais pour elle ne rien faire "serait encore plus radical".

Pour Elke Van den Brandt c’est le moment de changer "un ménage sur deux à Bruxelles n’a pas de voiture, les Bruxellois veulent un accès aux voitures mais plus nécessairement être propriétaire d’un véhicule. Il y a donc un momentum chez les gens, chez les politiques et dans les communes bruxelloises. Il y a plein de nouvelles offres alternatives ou de micromobilité disponibles. Il faut donc changer pour une meilleure qualité de vie à Bruxelles".

Pourtant, la capitale ne compte, par exemple, que 17 bornes de recharge pour les voitures électriques, mais la ministre tempère "il y a aussi 233 bornes dans les endroits privés et il faut continuer dans cette voie. Et nous allons avancer maintenant pour avoir 100 bornes publiques rapidement. D’ici l’été ces bornes seront là".

Fiscalité

Les modèles de voitures SUV ne seront bientôt plus les bienvenus en Région Bruxelloise. Ces modèles qualifiés de 4X4 urbain devraient être plus taxés que les autres véhicules. Actuellement, la taxe de mise en circulation est fédérale mais en janvier prochain ce ne sera plus le cas, raison pour laquelle la Région bruxelloise va adapter sa politique et la ministre explique "pour l’instant la taxe est forfaitaire, ici on veut passer sur un modèle de taxe à l’usage. On espère le faire avec les autres régions, mais on ne peut plus attendre 5 ans de plus à Bruxelles avant de prendre des mesures. Il faut que les automobilistes bruxellois qui accepteraient de laisser leur voiture au garage même une fois par semaine, se voient récompenser et inciter financièrement à cela. Ce sera une taxe beaucoup juste que le modèle actuel".

La ministre n’est pas pour interdire les SUV, même si elle reconnaît que "c’est aussi un véhicule polluant qui est dangereux pour les piétons et les cyclistes car le point d’impact est beaucoup plus haut qu’avec une voiture. C’est donc beaucoup plus dangereux pour les usagers faibles."

Pour Elke Van den Brandt il faut que la fiscalité encourage le "choix de voitures adaptées à la ville".

Taxe kilométrique

Une taxe kilométrique intelligente pourrait être instaurée à Bruxelles. Il s’agirait d’une taxe liée à l’usage du véhicule et non une taxe annuelle : le prix changerait selon si le navetteur roule aux heures de pointe, selon le type de véhicule. En revanche, les diminutions des taxes de mise en circulation et de circulation prévues n’interviendront que pour les Bruxellois.

Pour les navetteurs la ministre souhaite "que l’on puisse leur offrir des alternatives en augmentant l’offre de transports en commun, 30% de bus en plus d’ici 2022, 7 nouvelles lignes de trams, une nouvelle ligne de métro, des parkings de dissuasion".

Cette taxe kilométrique intelligente était déjà évoquée dans l’accord de gouvernement et prévoit un arrangement avec les autres régions. Mais Elke Van den Brandt estime qu’il ne faut plus attendre et que Bruxelles doit instaurer cette taxe avec ou sans les deux autres Régions.

"Si la Flandre et la Wallonie ne bougent pas et ne participent pas au système, cela aura cet impact. C’est pour ça qu’on préfère avoir un accord avec elles sur un modèle", ajoute Mme Van den Brandt.

Zone 30

Dès le 1er janvier 2021, le plan "Ville 30" sera d’application sur les routes de la capitale. La vitesse maximale autorisée par défaut en Région bruxelloise sera de 30 km/h, avec quelques exceptions pour les axes dits structurants.

"Il y a trois choses à faire, premièrement contrôler et pour cela nous avons acheté plus de radars pour les zones de police, deuxièmement changer les infrastructures, et rendre les quartiers vivables pour que les gens puissent sortir et les enfants puissent jouer" conclut la ministre de la mobilité.

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