Elio doit se taire, Bart continue à égratigner les francophones

Bart De Wever s'exprimait devant un parterre d'entrepreneurs limbourgeois et réagissait à la polémique née des propos de l'avocat Vic Van Aelst, nouvelle recrue de la N-VA qui estimait que des francophones comme Elio Di Rupo ou Joëlle Milquet "maltraitaient la langue flamande" ou que "les francophones plumaient la Flandre".

Loin de contredire sa nouvelle recrue, Bart De Wever insiste "même aujourd'hui, les négociations gouvernementales se déroulent en français. Ce n'est pas normal." Fin de citation. Et de rappeler le mépris francophone pour la langue parlée par la majorité de la population.

La N-VA revient toujours avec les mêmes clichés

Inconsciemment ou non, Bart De Wever entretient les fantasmes, que ce soit sur la collaboration, l'arrogance ou le mépris de la langue. Ce sera bientôt le mythe du brave soldat flamand de 14-18 qui ne comprenait pas son officier francophone.

La réalité est bien plus nuancée mais Bart De Wever ne fait pas dans la nuance.

Il met malgré tout le doigt où cela fait mal: des présidents francophones, seul Charles Michel pourrait négocier en néerlandais. Mais côté flamand, plusieurs présidents de partis maîtrisent mal le français.

Il n'en reste pas moins que, partant de ses déclarations, on voit mal la N-VA accepter qu'un Elio Di Rupo, au néerlandais plus qu'hésitant puisse effectivement devenir Premier ministre.

Un chef de gouvernement ne doit-il pas être capable de tenir une conversation avec la majorité de sa population ?

Pour la N-VA, poser la question, c'est y répondre.

 

Philippe Walkowiak

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