Pas d'accord sur le budget malgré une nouvelle nuit de négociations

Elio Di Rupo sort de sa voiture
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Elio Di Rupo sort de sa voiture - © JULIEN WARNAND (belga)

Pas d'accord au bout de la nuit: après 13 heures de discussions, les négociateurs se sont quittés vers 6h15 sans un accord et ils ont annoncé qu'ils devaient encore se revoir à 16 h.

Les négociateurs n'ont fait aucun commentaire à leur sortie pour laisser une chance aux négociations d'aboutir, ont-ils dit. A leur arrivée, hier, vers 17 heures, ils avaient pourtant affiché leur ferme intention de boucler le budget. Elio Di Rupo était même arrivé avec de nouvelles propositions pour trouver les 11 milliards d'euros. Mais cette note aux yeux de certains est insuffisante. Les critiques ont été dures, notamment du côté des libéraux, qui estiment que le texte ne contient que des petites mesures.

Malgré tout, mercredi soir, même si la charge de travail s'annonçait très lourde, il était permis d'entrevoir un dénouement dans le courant de la nuit.

"Tout est là pour qu'on puisse décider aujourd'hui", a dit Laurette Onkelinx (PS). Le président du CD&V Wouter Beke s'est contenté pour sa part de souligner que tout était "très difficile".

Pour Laurette Onkelinx, il devait être possible d'arriver à un accord dans la nuit. "Si cela ne réussit pas, nous devrons nous demander si l'échec est dû à un manque de courage politique ou à un manque de volonté politique".

Le président du cdH Benoît Lutgen a rappelé les circonstances difficiles du contexte international. "Il est temps de faire des pas l'un vers l'autre. J'espère que chacun aura compris le message du roi", a-t-il dit tout en ajoutant que la confection du budget 2012 et les réformes structurelles qu'il faut entreprendre ne constituent pas un exercice facile.

Alors manque de courage, manque de volonté?

Cette pression aura manifestement été insuffisante pour forcer un accord budgétaire complet. Insuffisante, en tout cas, face à la note d'Elio Di Rupo sur le budget qui semble ne pas avoir convaincu tous les partis autour de la table, singulièrement les libéraux du Nord comme du sud. Pour synthétiser Le MR et l'Open VLD estiment que cette ébauche penche toujours trop en faveur de nouvelles recettes plutôt que de parler de réduction des dépenses. En outre, les mesures structurelles n'ont été abordées qu'en toute fin de nuit. Ce jeudi matin en tout cas, il n'y a eu aucun commentaire après 13 heures de discussions. Les négociateurs veulent préserver leurs chances de réussite. Ils se retrouvent à 16 heures.

Bon ou mauvais signe, nouvelle nuit de palabres budgétaires en vue?

Le seul véritable bon signe c'est que les discussions vont se poursuivre et que les négociateurs ont préféré se taire à leur sortie ce jeudi matin.

La volonté d'aboutir est bien là, le formateur et les 6 partis n'ont pas d'autres choix, ils sont condamnés à aboutir mais la tâche est immense.

Non seulement par les montants à atteindre mais également par le fait qu'il faille accorder des points de vue diamétralement opposés, entre gauche et droite, entre socialistes et libéraux. Et vous rajoutez à cela qu'il n'y a pas de véritable confiance entre les partenaires pour que cela avance vraiment.

Le Roi a pourtant rappelé l'urgence

Le Roi, après avoir reçu le formateur, soulignait pourtant mercredi, "l'urgence d'aboutir à un accord afin de former un gouvernement".

Le Palais rappelle qu'il y a urgence d'avancer depuis le début de l'année, cela pourrait relativiser les choses. Mais il est évident que s'il n'y a pas d'accord budgétaire cette semaine, la Belgique n'aura pas de budget 2012 avant fin de l'année avec tous les risques de spéculation que cela représente.

Ceci étant, les tensions restent vives entre les négociateurs. Les libéraux reprochent au formateur de ne pas faire de propositions en matière de réforme du système de chômage, des pensions ou de l'index ou encore de privilégier les recettes, les nouvelles taxes aux économies. Mais les libéraux entendent aussi limiter les taxes sur les voitures de société ou s'opposer à un impôt sur les gros patrimoines. Autrement dit, derrière les mesures à prendre, l'idéologie reste forte et chacun campe sur ses positions.

Cela fait à présent plus de six mois qu'Elio Di Rupo a été chargé de former un gouvernement. Celui-ci n'est pas pour tout de suite.

Baptiste Hupin et Philippe Walkowiak



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