Elio Di Rupo: «Si vous nous faites confiance vous serez heureux»

elio Di Rupo:  "Si nous sommes la première force politique de Wallonie, je prendrais des contacts avec tous les partis démocratiques ».
elio Di Rupo:  "Si nous sommes la première force politique de Wallonie, je prendrais des contacts avec tous les partis démocratiques ». - © Tous droits réservés

La droite flamande ne doit pas dominer la scène politique nationale. Le PS n’a pas attendu les jeunes pour avancer dans l’éco-socialisme et, surtout, dans le gouvernement actuel les francophones ont été mal représentés par le MR, seul allié de la droite flamande. Au taquet à deux jours du scrutin, le président du parti socialiste déroule le programme.

De tous les sondages publiés sur les élections, le résultat le plus inquiétant est celui des indécis: 30% des électeurs. Elio Di Rupo veut y voir une chance formidable de renverser la tendance droitière: « Sinon ce sont d’autres qui s’exprimeront pour eux. C’est un choix de société: soit un monde plus progressiste dont le PS est le tronc central de la modification, soit une société de droite avec une dégradation de la qualité de vie. Faites un choix. Si vous nous faites confiance vous serez heureux »

La perspective d’un dimanche noir

La progression du Vlaams Belang fait craindre un dimanche noir aux analystes. Elio Di Rupo y voit la justification d’un vote à Gauche: « Dans l’Histoire, l’extrême droite n’a jamais résolu les problèmes ». Ce qui révèle, selon lui, l’importance du rapport de force qui doit s’imposer du côté des francophones. « On vient de vivre un gouvernement avec le MR pour seul parti francophone. Il pourrait y avoir un phénomène inverse. On ne doit pas nécessairement avoir des majorités dans chaque groupe linguistique pour faire un gouvernement fédéral. »

« On ne doit pas laisser les partis flamands de droite dominer la scène politique. Avec le MR les francophones ont été mal représentés. Il faut un changement radical que peut apporter le PS pour les soins de santé, les revenus des citoyens et la baisse de la TVA sur l’électricité. »

Et, déjà, le président du PS se pose en formateur et en rassembleur : « Si nous sommes la première force politique de Wallonie, je prendrais des contacts avec tous les partis démocratiques ». Y compris le PTB.

Défi climatique : on n’a pas attendu les jeunes

Aux yeux d’Elio Di Rupo, les socialistes n’ont pas attendu les manifestations des jeunes pour s’intéresser au climat. « Nous avons travaillé durant deux ans sur le 'chantier des idées' et défini l’écosocialisme : la réponse à l’urgence sociale et à l’urgence climatique, c’est la même chose. » Selon ce programme, les gros pollueurs devront être les « grands payeurs » et une campagne d’isolation sera lancée. Le PS préconise encore la gratuité progressive des transports en commun.

Pas de changement radical

Mais le président du PS ne croit pas en un « changement radical du système » tel que l'appelle de ses vœux Nicolas Hulot : « Il faut pour cela des moyens financiers ». Pour trouver l’argent, son parti entend lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, créer un impôt sur le patrimoine et sur grandes fortunes.

A l’affirmation selon laquelle il n’existerait pas, chez nous, de cadastre des fortunes, il répond : « Ce n’est pas vrai. La Cour des comptes l’estime entre 800 millions et 2,4 milliards. Cela pourrait nous rapporter 1,5 milliard par an ». Il pointe, en passant, le bureau du Plan qui n’a pas pu évaluer ce cadastre des fortunes alors que les universités estiment que les plus-values permettraient de récupérer entre 800 millions et 6,3 milliards. « Nous mettons la barre à 1,6 milliard.»

Enseignement: pacte d’excellence on détricote?

Pour la mise en œuvre du pacte d’Excellence, le président du PS se veut rassurant : « Le tronc commun concerne les enfants qui ont 2 à 4 ans aujourd’hui. Il n’existera pas avant une dizaine d’années et on évaluera la situation lors de la prochaine législature. » Mais le message est clair : il faut que les enfants issus des milieux défavorisés aient les mêmes chances d’émancipation que les enfants nés dans les familles aisées.

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