Elio Di Rupo (PS) : "La Wallonie peut connaître des jours meilleurs"

C’est une tradition qui revient chaque printemps. Le ministre-président du gouvernement wallon a prononcé ce matin son "Discours sur l’état de la Wallonie" devant les parlementaires. Double particularité cette année : Elio Di Rupo (PS) s’est exprimé quelques jours après la présentation du nouveau Plan de relance régional, et alors que la pandémie de Covid-19 n’est pas encore écartée.

"Notre Région retrouvait un élan économique et social quand la Covid en a décidé autrement", a regretté le N°1 du gouvernement wallon, en égrenant quelques chiffres édifiants de l’IWEPS (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) : PIB de la Wallonie en recul de 6% en 2020, consommation des ménages en chute de 7%, investissements en baisse de 6% (publics) et de 8% (privés), exportations en diminution de plus de 4%, ou encore 15% d’augmentation des aides sociales sollicitées auprès des CPAS.

"Les dépenses du gouvernement de Wallonie liées à la crise sanitaire s’élèveront à plus de 3,3 milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2021", a encore indiqué Elio Di Rupo.

Alors, certes, la reprise post-coronavirus est annoncée, mais le socialiste et les ministres de son exécutif se sont posé cette question : "Comment récréer une dynamique positive après ce désastre sanitaire, économique et social ?"

Plan d’investissement inédit

Après une large consultation de la société civile, le gouvernement de Wallonie a décidé de fusionner trois plans de redressement : le plan de transition prévu dans la déclaration de politique régionale, le plan de reprise européen et Get up Wallonia, imaginé au début de la crise sanitaire.

C’est ce qui a donné naissance au Plan de relance de la Wallonie, doté d’un budget de 7,64 milliards d’euros que le gouvernement régional promet d’engager d’ici la fin de la législature, en 2024. "Jamais la Wallonie institutionnelle n’avait présenté un plan d’investissement d’une telle envergure", s’est félicité Elio Di Rupo.

Le ministre-président wallon a appelé tous les acteurs de la société à "participer à l’élan du redressement, à cette nouvelle conquête", pour accompagner l’action d’un gouvernement "résolument tourné vers le futur et optimiste".

"Nous pouvons connaître des jours meilleurs et plus heureux, nous pouvons permettre à nos concitoyens de retrouver la fierté d’être wallons dans un pays prospère", a conclu Elio Di Rupo.

"La Wallonie est aux urgences"

Après cette présentation, les groupes d’opposition n’ont pas oublié d’offrir les quelques (rares) fleurs d’usage. Germain Mugemangango (PTB) s’est réjoui de l’annonce d’investissements importants "après des années d’austérité", et François Desquesnes (cdH) a précisé que son parti et le gouvernement pouvaient "très largement se retrouver sur les objectifs".

Mais sans surprise, le parti de gauche et la formation centriste ont surtout envoyé une série de pots à la tripartie au pouvoir. Le PTB a rappelé qu’il y a 22 ans, le Contrat d’avenir pour la Wallonie avait été présenté par Elio Di Rupo (déjà), à la tête d’un attelage politique rouge-bleu-vert (déjà), et qu’il promettait (déjà) le rebond de la Wallonie. "Et globalement, on peut parler d’échec", a déploré Germain Mugemangango, regrettant que le fond et la forme aient peu évolué en deux décennies.

Son homologue démocrate-humaniste a de son côté énuméré une série de manquements dans le dernier plan de relance du gouvernement régional. "Ce n’est pas facile d’oser l’audace, mais ce n’est pas impossible. Et le temps presse, car la Wallonie est aux urgences", s’est inquiété François Desquesnes.

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