Elio Di Rupo: les prisons sont "des parkings inhumains" d'où sortent des "bombes humaines"

L’attentat de Liège, la mort de la petite Mawda, l’impréparation des détenus à leur réintégration dans la société… Pour Elio Di Rupo, le coupable est désigné: la N-VA, dont le chef, Bart De Wever, parvient à imposer sa vision politique au gouvernement de Charles Michel.

Pourtant, le président du PS dit s’interdire de politiser les conséquences de l’attentat. Il veut "essayer d’être le plus objectif possible", faire preuve d’empathie et soutenir les victimes.

On parle de 35 à 40% de récidive

Très vite, pourtant, l’argument politique resurgit: "La question est de savoir ce qu’il se passe dans les prisons. Ce sont, en gros, des parkings inhumains sans remise en condition des détenus pour leur permettre (ndlr : à leur sortie) d’éprouver de la sympathie pour la société…On parle de 35 à 40% de récidive. Que fait-on pour les remettre sur le droit chemin et ne pas libérer des bombes humaines?"

L'intégration des détenus ou les peines incompressibles 

A propos de la finalité du milieu carcéral, le Président des socialiste met en opposition deux tendances politiques. La première, revendiquée par la gauche et Ecolo consiste à "être attentif pour que les personnes qui sortent de prison soient intégrables ". La seconde tendance, attribuée aux partis de droite ‘conservateurs’, veut faire croire que la solution réside dans les peines incompressibles. "Si une personne sort sans le moindre accompagnement, elle sera une bombe humaine " répète Elio Di Rupo.

La N-VA d’où vient tout le mal

Assiste-t-on à un rivage répressif de la part du gouvernement fédéral? "Je ne vais pas en rajouter", ironise le patron des socialistes. "La N-VA s’adresse aux conservateurs flamands et aux électeurs de l’extrême droite. C’est proche de la xénophobie. Et cela entraîne tout le gouvernement de Charles Michel dans cette attitude, sans la moindre empathie."

Elio Di Rupo revendique davantage de moyens pour les policiers, les services de renseignement et les gardiens de prison. "Mais pour cela, il faut de l’argent et, actuellement, on réduit le financement de tout le secteur public auquel appartiennent tous ces métiers."

Alors que le principe du congé pénitentiaire est remis en cause par certains -dont Bart De Wever- Elio Di Rupo réplique que le vrai problème est celui de la gestion des prisonniers. "Il faut des psychologues, de l'accompagnement. Et il faut éviter, au sein de la prison, de permettre la contagion par les plus radicalisés. Un prisonnier qui ne sort que quelques minutes de sa cellule de 7 M2 pour rencontrer les ‘durs’ ont de fortes chances d’être radicalisés."

Il ne suffit pas de connaître les personnes radicalisées 

S’il reconnaît volontiers que la sécurité totale n’existe pas et qu’une attaque au couteau sera toujours possible, Elio Di Rupo veut une réduction des risques. "Suit-on assez les personnes radicalisées. Il ne suffit pas de les connaître, il faut une action de l’Etat. Et avoir réduit le nombre de policiers de quartier est aussi un handicap."

Il faut accueillir les parents de Mawda

Pour le président du PS, les parents de la petite fille tuée par un policier doivent être accueillis sur notre territoire pour la raison que le policier est un représentant de l’Etat. "C’est donc la responsabilité de l’Etat. Nous avons une responsabilité morale à l’égard des parents. Le minimum est de leur permettre de faire leur deuil et de se poser. Si j’avais été Premier ministre, j’aurai accordé une autorisation de séjour de plusieurs années, renouvelable. Et si c’était impossible, j’aurais été devant le Parlement." Avec une dernière banderille à destination du gouvernement fédéral: "Bart De Wever déshonore le pays depuis longtemps, c’est insupportable de traiter les gens ainsi. Qui est-il ? Pour qui se prend-il. Je n’ai rien contre Charles Michel, j’ai le respect pour l’homme mais sa politique est celle de la N-VA.

 

 

 

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