Elio Di Rupo: Charles Michel, c'est le gouvernement "des ultra riches"

Pas de doute, le Premier ministre Charles Michel aura entendu ses oreilles siffler en écoutant Elio Di Rupo critiquer son discours de mardi devant la Chambre. Chiffres truqués, emplois précaires, pensions repoussées à 67 ans, revente des participations de l’État… Le président du PS n’a pas de mots assez durs pour critiquer ce gouvernement "des ultra riches" qui vit "hors des réalités " des citoyens.

On s’en doutait un peu, le bilan développé par Charles Michel dans son discours de rentrée du Parlement n’a pas l’heur de plaire à l’ex-Premier qui résume sa pensée en une phrase: "C’est un écran de fumée."

60% des contrats d’intérim sont des contrats d’un jour

A propos de la création d’emplois d'abord, il assure que l'augmentation revendiquée par le gouvernement actuel est inférieure à la croissance constatée dans la zone euro. Non seulement il ne crée pas assez d’emplois, critique Elio di Rupo, mais en plus ce sont des emplois précaires. "Le gouvernement actuel n’a pas créé d’emploi durable. 60% des contrats d’intérimaire sont des contrats d’un jour. Il y a une véritable précarité dans les emplois et pour ceux qui vont devenir pensionnés."

"Les corbeaux et les vautours"

Même critique à l’égard, cette fois, des chiffres de croissance économique: depuis l’arrivée de la nouvelle équipe, la croissance demeure inférieure à celle de la zone euro qui sert de référence. Et même si le taux d’emploi redémarre, Elio Di Rupo y voit simplement "la preuve qu’on y a travaillé ".

Mais les attaques du patron du PS, vise en priorité les principaux bénéficiaires de la politique de Charles Michel. Ceux qu’il définit comme les ‘ultra riches’ ou encore  "Les corbeaux et les vautours " (s'inspirant d'un couplet de l‘Internationale): "Charles Michel annonce qu’il va taxer les revenus (mobiliers) de plus de 500 000 euros. Mais, Il refuse de faire un cadastre des fortunes et le taux de taxation est de 0,15% alors que les familles avec un enfant dont le revenu dépasse 9000 euros par an sont immédiatement imposées à 25%."

Le tax shift oublie 3 millions de Belges

Et surtout, il désigne les 3 millions de Belges qui ne bénéficient pas du tax shift: "deux millions de pensionnés n’en profitent pas. Ils ont perdu de l’argent avec le saut d’index." Et son constat est semblable pour un million d’allocataires sociaux.

Pour Elio Di Rupo, le gouvernement actuel est hors des réalités : "Il y a une grande injustice fiscale et sociale dans le chef du gouvernement de Charles Michel "

Rétablir la retraite à 65 ans

La politique des pension a, elle aussi, droit aux banderilles du chef de l’opposition: "Les instituteurs devront travailler 3 ans de plus, dans le secondaire, ce sera cinq ans. Les pompiers verront leur carrière allongée de six ans et les cheminot de huit ans avant de pouvoir bénéficier de leur pension. C’est inimaginable." Elio di Rupo va jusqu’à invoquer Justin Trudeau, le Premier ministre (libéral) canadien, qui a décidé de ramener l’âge de la retraite de 67 à 65 ans. "Nous sommes dans cette ligne-là surtout pour les métiers pénibles. Ceux qui veulent travailler après 65 pourront toujours le faire s’ils le désirent." Selon lui, "payer les pensions est un choix financier ". "Dans le gouvernement précédent, nous avons prélevé sept milliards grâce à la lutte contre la fraude. Avec des choix comme ça on pourra payer les pensions."

Revendre Belfius? Non

Le gouvernement Michel envisage de revendre des participations dans les banques BNP Paribas et Proximus pour pouvoir investir ailleurs. Une mauvaise idée? Cette fois, la réaction du bourgmestre de Mons est plus mitigée: "Pour BNP-paribas, pourquoi pas, mais pour Proximus ou Belfius je suis sceptique. Ces entreprises rapportent des moyens financiers à l’Etat. On doit garder les entreprises publiques chez nous". Il s’étonne, au passage, qu’un gouvernement de droite ne supporte pas qu’une entreprise publique fasse du bénéfice. 

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