Elio Di Rupo : "Avec la N-VA, la seule réponse c'était de scinder le pays"

Elio Di Rupo redoute un retour aux urnes
Elio Di Rupo redoute un retour aux urnes - © RTBF

Il s’est fait plutôt discret, notamment dans les médias, Elio Di Rupo était l’invité de Jeudi en Prime. S’il est venu en tant que ministre-président wallon, l’ancien Premier ministre, ancien président du PS, a tout de même livré son analyse de la situation politique au fédéral.

Elio Di Rupo ne veut pas faire de commentaires de fond sur la note des informateurs royaux, mais pour le reste il le répète, il faut trouver solution : "Le plus important, c’est qu’on aboutisse à une solution. Mon sentiment est que nos citoyens demandent des solutions, avec des revenus plus importants, pour les pensionnés mais pas uniquement, les gens qui travaillent aussi. Il faut que les gens puissent se loger, que les gens puissent être en bonne santé. Cette réalité vaut pour Bruxelles, la Wallonie et la Flandre. J’espère du fond du cœur qu’une solution, qu’une attitude positive va se faire jour."

Pour Elio Di Rupo, pas de doute, le président de son parti, Paul Magnette, tente de tout faire pour trouver cette solution et il attend la même attitude de la part des autres partis: "Les femmes et hommes politiques doivent résoudre les problèmes des citoyens. Dans les prochains jours, il faut tenter de faire en sorte qu’il y ait une majorité qui puisse se dégager avec ces priorités."

La seule réponse de la N-VA était de scinder le pays

Car pour Elio Di Rupo, pas de doute, un retour aux urnes n’apporterait rien de bon: "Voter serait un échec. Le grand danger, et je plaide pour qu’on n’aille pas à nouveau vers les élections, ce sont les extrêmes. Notamment l’extrême droite flamande qui pourrait l’emporter. Si demain l’extrême droite flamande, le Vlaams Belang, plus la N-VA ont un nombre de sièges encore plus importants qu’aujourd’hui, la situation sera bien pire. Et nous ne voulons pas que le pays se déchire. Nous ne voulons pas la fin du pays. "

Réaffirmer l’importance de l’unité de la Belgique, c’est aussi un message à la N-VA. Elio Di Rupo révèle ainsi une partie des discussions précédentes pour former un gouvernement: "Je vais vous dire la vérité vraie. Nous avons, Monsieur Magnette et moi-même, eu des contacts avec la N-VA, sous l’égide d’un certain nombre d’informateurs. Nous avons essayé de trouver des solutions constructives. La seule réponse que nous avons eue c’est: 'Il faut scinder le pays'."

Les priorités pour le fédéral et la Région wallonne

Au passage, Elio Di Rupo rappelle les priorités de son parti : des soins de santé accessibles, l’augmentation du salaire minimum, et une pension minimum à 1500 euros net. Des éléments qui ne sont pas dans la note des informateurs où l’on parle notamment de pension universelle. Une idée qu’Elio Di Rupo ne rejette pas telle quelle, tout en précisant : "Ce qui compte, c’est que les gens qui ont travaillé toute leur vie puissent avoir une pension décente pour vivre. Quand on dit 1500 euros net pour une personne qui a travaillé toute sa vie, soit 45 ans en moyenne, ce n’est pas exagéré. Que l’on trouve d’autres formes de solution, on peut en discuter. Mais nous voulons qu’on respecte ceux qui ont travaillé toute leur vie."

Pour la Région wallonne, en tant que ministre-président, Elio Di Rupo cible 3 défis: "le défi social, le défi écologique et le défi économique. Donc, on met au point, avec mes collègues du gouvernement wallon, une stratégie de transition. On veut passer à une situation nettement meilleure pour la Wallonie et pour ceux qui y vivent. Par exemple, sur l’économie, il y a environ 78.000 entreprises qui emploient en moyenne 7 personnes chacune. On doit les aider à se développer. Si chacune peut créer un emploi supplémentaire, vous voyez ce que ça peut représenter."

Autre priorité du gouvernement wallon, le logement: "Aujourd’hui, on doit investir, les milliers de personnes qui attendent pour avoir un logement ou sont dans des logements insalubres, ce n’est pas possible. Nous avons pris le problème à bras-le-corps, avec le ministre Dermagne, on va rénover 3000 logements cette année et continuer les prochaines années. Il faut aussi construire de nouveaux logements publics".

Sur le dossier, très complexe, des panneaux photovoltaïques par contre, les plans semblent bien moins clairs. Elio Di Rupo se limite à préciser que le gouvernement a demandé un délai de quatre mois pour tenter de trouver une solution.

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