Elio Di Rupo à Jeudi en Prime : "Je comprends que les citoyens ont du mal à suivre, mais le virus est maître du temps"

Le ministre-président Wallon, Elio Di Rupo (PS) était l’invité de l’émission Jeudi en Prime, après le Journal Télévisé, sur la Une. Elio Di Rupo était interrogé à la veille d’un Comité de concertation convoqué avec une semaine d’avance sur le calendrier prévu. La situation sanitaire a été décrite ces derniers jours comme mauvaise, avec près de 3000 contaminations par jour et des responsables des services de soins intensifs qui tirent la sonnette d’alarme.

Serrer la vis au Comité de concertation ?

Ce jeudi, le Premier ministre, Alexander De Croo a décidé d’avancer d’une semaine le Comité de concertation initialement prévu le vendredi 26 mars. Les dirigeants du pays se retrouveront en visioconférence à 15 heures. Au vu des chiffres de l’épidémie qui inquiètent, faut-il s’attendre à un durcissement des mesures ? "C’est surtout pour faire un constat. Les chiffres et sont inquiétants. Est-ce le début d’une exponentielle qui va créer la troisième vague ?", se demande Elio Di Rupo. "Je ne peux pas dire ce que nous déciderons demain, mais une chose est certaine, la situation n’est pas bonne", explique le ministre-président wallon pour qui l’objectif est de conserver un certain nombre de mesures déjà envisagées, comme la réouverture du secteur Horeca le 1er mai.

Les écoles, pas de possibilités d’assouplissements avant le 19 avril ?

Ce jeudi, les ministres de l’Enseignement se sont penchés sur la situation dans les écoles, où les cas de contamination au coronavirus augmentent avec en corollaire la mise en quarantaine d’élèves et de membres du personnel. La Fédération Wallonie-Bruxelles avait envisagé que les élèves de 3e et 4e secondaire reprennent le chemin des cours à 100%, en présentiel dès le 29 mars. Les ministres proposent que ce ne soit pas le cas et que ce retour en classe s’opère, en principe, le 19 avril, après les vacances de Pâques.

Ce jeudi, les ministres de l’Enseignement n’ont pas voulu retenir l’hypothèse d’une fermeture des écoles avant les vacances de Pâques. Cela veut-il dire que le Comité de concertation de vendredi n’envisagera pas une telle mesure ? "Je ne l’ai pas dit", répond Elio Di Rupo. "Aujourd’hui, je ne peux pas dire qu’on va fermer les écoles. C’est un consensus entre tous les membres du Comité de concertation. Nous allons examiner la situation", poursuit Elio Di Rupo. "Nous allons nous réunir demain et rester en attente samedi, dimanche, lundi et, peut-être, prendre durant la semaine des décisions si on se rend compte qu’on entre dans une troisième vague", ajoute le ministre-président wallon.

Refermer certains secteurs d’activité et commerces, repousser des assouplissements ?

Certains experts préconisent à nouveau la fermeture des coiffeurs et des centres commerciaux. "On va l’examiner, mais je ne crois pas que c’est le chemin qu’on doit emprunter demain. Je pense que le yo-yo n’est pas la solution, sauf si réellement nous y sommes contraints. Je répète que le virus est le maître du temps", réagit Elio Di Rupo.

Sur la table du Comité de concertation, il devrait y avoir une piste, celle de reculer l’entrée en vigueur de certaines mesures envisagées lors du précédent Comité de concertation comme, par exemple, l’ouverture des parcs d’attractions le 1er avril. "Nous allons l’examiner demain. Le tout, c’est de réduire au maximum le fait que les personnes se trouvent trop proches des autres" répond Elio Di Rupo.

Retards de livraison : le défi de la vaccination

L’Agence européenne des médicaments a rendu publique ses conclusions sur le vaccin d’AstraZeneca, après les questions qui se posaient sur le risque éventuel de thrombose. L’Agence confirme sa confiance en ce vaccin. Il est qualifié de sûr. La vaccination devrait donc se poursuivre en Belgique. Cependant, il y a un problème d’approvisionnement de ce vaccin en Belgique. Cela met-il en péril le calendrier de vaccination chez nous ? "Il y a un retard considérable dans la production des vaccins", regrette Elio Di Rupo qui espère, comme d’autres, qu’aux environs de la deuxième quinzaine d’avril et en mai, on retrouvera une capacité normale de production. "Notre capacité en Wallonie est de 200.000 vaccinations par semaine. Pour le moment, on en est à la moitié. Si nous avions des vaccins en quantité, nous pourrions doubler la vaccination", estime le ministre-président wallon.

La firme wallonne Univercells a été approchée pour produire le vaccin russe Spoutnik. La région a-t-elle un pouvoir d’influence sur cette entreprise pour accélérer la production de vaccin ? "On peut les soutenir, notamment financièrement", réagit Elio Di Rupo. "Si c’était possible de produire ce vaccin, pour autant qu’il soit approuvé par l’Agence européenne des médicaments, ce serait un plus", estime Elio Di Rupo.

Et les vacances ?

L’espoir de voir les voyages autorisés pour les vacances de Pâques est plus que mince au vu de l’évolution des chiffres de l’épidémie. "Pâques, c’est demain", réagit Elio Di Rupo.

Quant aux vacances d’été, l’horizon semble moins bouché, même si le ministre-président wallon reste prudent. "Pour les vacances de juillet et août, avant tous ces retards de vaccins, nous avions prévu de vacciner tous les citoyens de plus de 18 ans qui le souhaitaient pour la fin du mois de juin, avec au moins une dose. Ce qui veut dire qu’on aurait un grand degré de liberté en juillet et août. Maintenant, il y a du retard. Cela voudrait dire que ce serait plutôt le mois d’août que le mois de juillet. Si l’on pouvait rattraper ce retard par la livraison des vaccins, on pourrait souffler. Si on peut vacciner 70% de la population, tous les chiffres vont diminuer", explique Elio Di Rupo.

Elio Di Rupo a aussi été interrogé sur l’utilité des autotests, notamment pour les clients du secteur Horeca. "Il faut savoir où on en trouver, en quelle quantité, parce qu’il nous en faut des millions", réagit Elio Di Rupo. "Il faut aussi que la législation le permette", ajoute-t-il.

Pour lui, la solution reste la vaccination. Elio Di Rupo se dit "impatient d’être invité, quel que soit le vaccin".

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