Elections du 14 octobre: absentéisme et vote nul progressent encore

Va-t-on assister à une déferlante d’abstentions et de votes nuls le 14 octobre prochain?  Un sondage le laisse penser: si le vote n’était pas obligatoire, seulement 62% des personnes convoquées se déplaceraient à Bruxelles. Et en Wallonie, elles seraient tout au plus 59%. Un état des lieux qui confirme une tendance lourde allant de l’indifférence au rejet pur et simple de la politique.

Erosion

Aux communales 2012, alors que le vote est toujours obligatoire chez nous, pratiquement un électeur sur cinq ne s’est pas déplacé ou a voté nul ou blanc.
Le rejet du vote est moins sensible dans les zones rurales. Le Luxembourg ou le Brabant wallon répondent plus souvent "présent" que les autres provinces. Mais les grandes villes ne mobilisent pas ou plus. A Bruxelles, Liège ou Charleroi, un électeur sur quatre ne s’est carrément pas déplacé en 2012.

Pourquoi?
Cette tendance va grandissant: par rapport aux communales 2006, l’absentéisme et l’abstentionisme ont progressé de plus de 7% à Charleroi et Liège. Si ces deux villes ont été secouées par des scandales qui démotivent l’électeur, le professeur Verjans de l’ULg avance aussi une interprétation supplémentaire: "L’explication politique des enjeux communaux n’est plus faite par les journaux de proximité qui existaient avant. Et les gens fuient parce qu’ils ne comprennent pas ou… parce qu’ils n’ont plus confiance."

Le cas frontalier
Ils renoncent aussi pour d’autres raisons locales. Saint-Vith avait, en 2012, enregistré 41% de vote blancs ou nuls ou d’absentéisme aux élections provinciales. Une attitude qu’on peut expliquer par le rejet massif des germanophones plus attachés à leur communauté qu’à une province de Liège qui leur importe peu.
Le phénomène, bien que moins sévère, s’est matérialisé aussi chez les frontaliers wallons sans doute moins intéressés par la politique belge que par celle du pays voisin où ils vont souvent travailler.

Et si le vote n’était plus obligatoire?
Pourrait-on espérer a contrario qu’en levant l’obligation de voter, on séduirait davantage le citoyen-électeur? Apparemment, non! L’exemple néerlandais permet de se faire une idée. Lorsque l’obligation a été supprimée, le nombre de votants a diminué. Pierre Verjans confirme: "A court terme, ça ne change presque rien. Mais à long terme, ça introduit une diminution."
Et si jusqu’ici la menace d’une sanction ramenait encore les électeurs jusqu’au bureau de vote, aujourd’hui l’argument ne porte plus: lors du scrutin précédent, la ministre Turtelboom a achevé de convaincre les réticents en annonçant que les parquets ne les poursuivraient pas.

 

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