Élections à Linkebeek: Damien Thiéry laisse la porte ouverte

Damien Thiéry: "Croire que le FDF aurait pu résoudre le problème, cela se saurait."
Damien Thiéry: "Croire que le FDF aurait pu résoudre le problème, cela se saurait." - © Tous droits réservés

Du statut de bourgmestre empêché, à celui de "plus bourgmestre du tout", il aura suffi d’une décision de la ministre flamande N-VA Liesbeth Homans. Damien Thiéry (MR), à qui le titre de premier magistrat de la commune est refusé depuis 2007, organise sa résistance. Sans attaquer de front la communauté flamande, ni même la N-VA, mais en laissant toutes les portes ouvertes, y compris la perspective d’organiser de nouvelles élections locales.

Car pour le chef de file de la majorité de Linkebeek, c’est bien la ministre flamande des Affaires intérieures qui pose problème : "Elle a la loi avec elle, mais elle avait d’autres possibilités tout aussi légales, comme laisser les choses en l’état depuis 2007 ou laisser le premier échevin agir comme bourgmestre faisant fonction. Deux mesures tout aussi légales qu’elle a choisi de laisser de côté. Ce qui se passe est un acte délibéré, unique, qui ne plait pas à la population."

Damien Thiéry refuse de parler de déclaration de guerre, tout en décrivant une situation qui y ressemble : "La ministre Homans a essayé de diviser mon propre groupe de majorité, en désignant un de mes échevins comme bourgmestre. Il a refusé et tous les autres élus de mon groupe ont fait savoir qu’ils n’accepteraient pas non plus".

Celui qui ne peut être bourgmestre réfute d’ailleurs une quelconque décision individuelle. Il assure que son groupe, soudé, prend toujours ses décisions à l’unanimité. "C’est ensemble que nous avons pris position. Nous respectons ainsi l’avis de la population. Sinon, pourquoi retourner aux urnes. Ici, c’est un déni de démocratie."

Marc Uyttendaele renvoyé à ses dossiers

Au constitutionnaliste Marc Uyttendaele qui reproche à Damien Thiéry d’avoir provoqué la situation dans laquelle il se trouve, en sachant que le conseil communal ne pourrait le nommer, l’élu rétorque que c’est le même Marc Uyttendaele qui a participé à la 6ème réforme de l’État : "Avant de donner des leçons il devrait regarder dans ses propres dossiers".

De nouvelles élections parmi les scenarii possibles

Pour sortir de ce schéma conflictuel, Damien Thiéry identifie plusieurs pistes, parmi lesquelles des recours judiciaires en Belgique et à l’Europe : "Il faut faire comprendre à l’extérieur ce qu’il se passe en Belgique".

Quand à opter pour de nouvelles élections… "C’est une des pistes envisageables, mais nous n’y sommes pas encore. Hier soir (lundi soir, ndlr), les conseillers de la majorité se sont levés pour dénoncer une situation anti-démocratique. S’il n’y a plus de quorum au conseil communal, il faudra envisager d’autres solutions."

Répétant depuis plusieurs jours qu’il se veut avant tout légaliste, Damien Thiéry reconnaît que le premier arrêt du Conseil d’État est clair et qu’à l’avenir, il enverra les convocations litigieuses en néerlandais. Mais pour aussitôt préciser qu’au moment des élections il existait plusieurs interprétations différentes de la loi : "Maintenant, la lumière est faire".

Circulaires Peeters : le débat continue

Pour celui que la Flandre ne veut pas comme bourgmestre, il demeure une différence entre être légaliste et accepter les circulaires Peeters : "Le Conseil d’État n’a jamais validé les circulaires. Il a dit que, dans ce cas précis, il faut envoyer les convocations en néerlandais, ce que je ferai. Mais, si un individu réclamait sa convocation en français, il pourrait en faire la demande non pas tous les ans, mais peut-être tous les 4 ans".

Quelle collaboration avec le bourgmestre désigné ?

Pas question, pour l’instant, de collaborer avec le bourgmestre issu de l’opposition, désigné par Liesbeth Homans : "C’est la ministre qui a créé le problème et l’a sous-estimé. Tout comme le bourgmestre Eric De Bruycker qui a accepté le poste. Elle devra en tenir compte".

Soutenu par le MR

Non, le MR - qui a pourtant accepté la réforme de l’Etat - n’a pas laissé tomber Damien Thiéry : "Je suis soutenu à 150% par mon parti. Je comprends aussi que l’opposition fédérale tente de faire remonter le dossier. Un front francophone commence à reprendre place". Damien Thiéry situe le "souci" en Flandre et pas au niveau fédéral auquel participe son parti. "La Flandre aurait pu apaiser les choses, mais n’a pas voulu le faire. De toute façon, ce n’est pas le fédéral qui pourra régler le problème."

Il assure ne pas cultiver de regret à l’égard de son ancien parti FDF : "Je n’ai pas de problème par rapport aux valeurs ou aux militants des FDF, mais par rapport à son président, Olivier Maingain". Un président qu’il accuse de ne pas l’avoir bien défendu par sa manière, "toujours dans l’agressivité et la provocation. Croire que les FDF auraient pu résoudre le problème, cela se saurait".

Damien Thiéry souligne d’ailleurs la bonne collaboration qu’il entretient avec ses collègues flamands. "Cela se passe impeccablement dans les différentes commission (Santé et Défense nationale). Dire que tous les élus N-VA et tous les collègues flamands ne respectent pas la démocratie, ce n’est pas vrai, mais la ministre à une vision des choses qui est inacceptable."

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