Elections: à l’ombre du PTB, la gauche radicale palpite

Il y a 15 ans, à la gauche du PS, on trouvait une myriade de petits partis, de petites listes, communistes, trotskistes, anticapitalistes, etc. Des partis fortement divisés qui – la plupart du temps - étaient incapables de faire élire des parlementaires. Parmi eux, le futur PTB. Le parti des travailleurs de Belgique est parvenu en 2014 à se détacher de la masse au point de devenir le mâle alpha de l’ultra-gauche. Une émergence dans le paysage politique dû en grande partie à la réunion de certaines de ces petites listes (on parlait alors du PTB-GO, pour « gauche ouverte »).

Cinq ans plus tard, le PTB a atteint une masse critique qui devrait lui permettre d’obtenir un nombre appréciable de députés au soir du 26 mai. Mais les autres partis, à la gauche de la gauche, n’ont pas pour autant choisi de la mettre en sourdine. Au total, ils sont quatre à présenter des listes à la fin de ce mois : Demain, Wallonie insoumise, le Parti communiste belge et Lutte ouvrière.


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Insoumis wallons à la fibre verte

Catalogués « gauche radicale », ils ne tiennent pas pour autant tous le même discours. Ainsi le parti Demain se distingue par une fibre verte peu habituelle au sein de la gauche radicale. Bien implanté à Liège, et proposant aussi une liste dans le Centre, Demain souhaite renforcer le rôle de l’Etat et développer la participation citoyenne dans la décision politique.

Wallonie insoumise vante pour sa part un positionnement souverainiste qui tranche avec la plus traditionnelle idéologie internationaliste de la gauche. Inspirés par Jean-Luc Mélenchon, en France, ses militants plaident pour un printemps wallon, une Wallonie souveraine.

Une surprise toujours possible

Bref, des lignes parfois éloignées des standards de l’extrême-gauche, pour des outsiders plus préoccupés par la bataille des idées que par les sièges de députés gagnés. Reste que le 26 mai prochain, on l’a dit, quatre listes défieront le PTB sur son terrain.

Alors ces partis pourront-ils obtenir l’un ou l’autre élu face à un PTB tellement dominateur à gauche du PS ?

« Il est peut-être plus difficile aujourd’hui pour les partis d’ultra-gauche comme Demain, Wallonie Insoumise ou Lutte Ouvrière d’exister et de remporter un nombre de suffrages suffisants pour pouvoir avoir des élus. En même temps, les élections ont toujours représenté pour les partis de gauche radicale un moment aussi pour se faire connaître à travers les médias et de pouvoir diffuser leurs idées. Des surprises restent possibles, et il arrive que certains partis forcent les portes des enceintes parlementaires », rapporte Jean Faniel, du Crisp.

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