Elections 2019: la santé vue par Catherine Fonck (cdH), Frédéric Daerden (PS) et Daniel Bacquelaine (MR)

Ce mercredi, Matin Première était en direct du CHU de Liège pour aborder le thème de la santé en vue des élections du 26 mai prochain avec Catherine Fonck, candidate cdH, Frédéric Daerden, candidat PS, et Daniel Bacquelaine, candidat MR.

Voici quelques extraits choisis de leurs réponses.

Sur le manque d’infirmières et la pénibilité du métier

Catherine Fonck : "Regardez la moyenne belge, on a une infirmière pour 11 patients en moyenne par 24 heures, alors que la moyenne européenne est d'une infirmière pour huit patients. Ça veut dire qu'en Belgique le cadre est largement inférieur. Ce renfort du cadre infirmier est donc vraiment la première proposition que nous mettons sur la table, à la fois pour que ce soit tenable du côté des hôpitaux, mais aussi pour la qualité des soins, parce qu'on sait qu'il y a un lien avec la mortalité et les complications si on a un cadre infirmier inférieur. C'est donc un enjeu qui est majeur pour les malades".

"Nous restons à la pointe en Belgique, mais si on va trop loin, il risque d'y avoir une mise à mal de la qualité des soins. Mais ce n'est pas seulement l'encadrement, c'est aussi par rapport à la durée moyenne, c'est aussi l'attractivité pour les infirmières et le maintien tout au long de la carrière, ainsi que tout le volet de la formation. On en a déjà débattu encore récemment avec les représentants des infirmiers, ces enjeux-là sont des enjeux majeurs à court, à moyen et à long terme".

Sur les conditions de travail des jeunes médecins et la pénurie


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Frédéric Daerden : "On va trop loin ! Quand on parle de 72 heures, non seulement ça met en danger la santé des étudiants, des jeunes médecins, mais ça peut aussi mettre en péril la qualité des soins prodigués. Donc ça, c'est un élément important aussi. Il y a donc le problème du financement, il y a évidemment l'aspect pénurie et je crois qu'il y a aussi une augmentation des recours aux urgences. Et là je pense qu'il y a une réflexion à avoir par rapport à la médecine de première ligne pour un peu désengorger les urgences, puisque parfois on a peut-être trop tendance à venir aux urgences parce qu'on ne va plus vers son médecin généraliste. Je pense qu'il faut valoriser le médecin généraliste et peut-être rendre plus accessible aussi la consultation".

Daniel Bacquelaine : "On doit évidemment réglementer davantage, même si on sait que 90% des médecins vont devenir indépendants et qu’il est illusoire de penser qu’on va travailler 40 heures/semaine. Il n’y a aucun indépendant dans ce pays qui travaille 40 heures/semaine. Tout le monde travaille plus. J’étais médecin généraliste et je faisais 60 ou 70 heures par semaine, c’était la norme. Il ne faut donc pas non plus considérer qu’on va pouvoir faire 36 heures ou 30 heures. Mais on doit bien entendu règlement parce qu’il faut maintenir une capacité de concentration de médecins, qui est évidemment extrêmement importante".

Sur le financement des soins de santé

Daniel Bacquelaine : "Je pense que le devoir de tout gestionnaire public est d’utiliser au mieux les moyens disponibles et faire en sorte que l’on puisse rencontrer des objectifs dans le cadre d’une vision politique. Moi je reste évidemment très partisan d’une priorité de la santé, parce que pour moi la maladie est la plus grande des injustices qui existent dans une société. Il est donc clair que l’allocation des ressources doit tenir compte de cela et que l’augmentation du budget des soins de santé est une nécessité. Elle est une réalité et elle explique d’ailleurs que le système de santé en Belgique est un des meilleurs systèmes de santé au monde. C’est reconnu par la plupart des organisations qui étudient les process de santé dans les pays industrialisés, et notamment dans les pays de l’OCDE où on est chaque fois à une place très bien cotée en matière de soins de santé".

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