Jean-Marc Nollet (Ecolo) : "Nous lançons l'idée d'un gouvernement ouvert, avec des ministres de la société civile"

La participation citoyenne sera-t-elle au cœur du prochain gouvernement wallon ? Face à la complexité de la situation en Wallonie, Ecolo propose un gouvernement wallon minoritaire ouvert à la participation citoyenne. "Nous pouvons faire de la contrainte politique actuelle une opportunité", avance Jean-Marc Nollet dans un communiqué publié lundi matin.

"J’ai pris pas mal de contacts ces derniers jours dans le très riche vivier associatif wallon, raconte le coprésident d’Ecolo Jean-Marc Nollet. Comme beaucoup de ces acteurs, nous avons difficile à nous résoudre à considérer que PS et MR soient devenus incontournables", déplore-t-il.

Trois raisons justifieraient cette ouverture du gouvernement selon les écologistes : le gouvernement sortant "très lourdement sanctionné", la volonté des électeurs de "plus d’écologie et plus de solidarité", et enfin le "désenchantement par rapport à la politique et aux partis traditionnels".

La solution ? Un "nouveau contrat, qui soit écologique social et démocratique. Ce nouveau contrat doit être construit avec la société civile", précise le communiqué. "Concrètement, nous aurions une série de ministres indépendants, issus de la société civile, garants de la réalisation d’une Déclaration de Politique Générale et Sociétale", propose Jean-Marc Nollet.

Proposer des solutions créatives et originales

Le coprésident d’Ecolo était l’invité de Thomas Gadisseux dans Matin Première ce lundi. Il s’agit de sa première interview depuis le début des négociations. "Nous lançons l’idée d’un gouvernement ouvert, avec des ministres de la société civile. Un partenariat avec des acteurs importants. Ça oblige tous les responsables politiques à se reposer les questions des méthodes de gouvernance et à proposer des solutions créatives et originales d’ouverture des majorités et des gouvernements à plusieurs ministres de la société civile."

Une solution inédite donc, avec un gouvernement minoritaire, puisqu’Ecolo n’a pas la majorité au Parlement wallon. Pour illustrer cela, le parti évoque une fleur bien particulière et fragile, le coquelicot.

"Elle est fragile quand on la retire de son milieu naturel, mais elle est très solide et productive. Un seul plan peut contenir plus de 50.000 graines. On sait que la situation aujourd’hui en Wallonie ne permet pas d’avoir immédiatement une majorité, mais des solutions existent. Je vais vous donner un exemple. Quand on est face à un mur, il y a trois options possibles : soit on fonce dedans comme le font les partis traditionnels, soit on rajoute des briques au mur, comme si ce n’était pas déjà assez compliqué, et finalement, c’est ce qu’Ecolo essaye de faire, amener une échelle et franchir l’obstacle."

Des "porteurs de projets"

Selon lui, ouvrir le gouvernement à la société civile est "une manière de respecter les signaux envoyés par les électeurs et de trouver une solution", mais aussi d'"oxygéner et de régénérer le monde politique".

Mais concrètement, de qui parle-t-on ? "Je ne vais pas m’avancer mais nous avons beaucoup de possibilités. J’ai pris pas mal de contacts ces derniers jours dans le très riche vivier associatif wallon et j’en prendrai encore dans les jours qui viennent, y compris auprès d’acteurs plus institués. Comme beaucoup de ces acteurs, nous avons difficile à nous résoudre à considérer que PS et MR soient devenus incontournables, niant à ce point les signaux envoyés par les électeurs", a-t-il enchaîné en plaidant pour une nécessaire réconciliation des citoyens, de la société civile et du monde politique.

En finir avec l’idée d’un Parlement presse-bouton

Pour ce faire, a-t-il poursuivi, "nous devons travailler autrement et en finir avec l’idée d’un Parlement presse-bouton. Il faut sortir des clivages majorité-opposition. On l’a déjà fait en Wallonie avec la Commission Publifin, le Climat ou la transparence administrative. Demain, il faudra aussi y parvenir sur la biodiversité, le logement, le redéploiement économique,…"

Ce type d’idée avait déjà germé lors de la longue crise de 541 jours, après le gouvernement Verhofstadt III. Mais selon Jean-Marc Nollet, "c’est différent". "C’était des technocrates. On avait cité des banquiers, des financiers. Ici notre volonté c’est d’oxygéner la démocratie avec des gens de la société civile, porteurs de projets et d’actions, orientés vers plus de solidarité écologique et vers le redéploiement économique."

Il ajoute que "le cdH pourrait être un acteur central de cette autre manière d’envisager le fonctionnement démocratique en Wallonie". "Mais la proposition s’adresse en fait à chaque député individuellement, et collectivement : aux communistes, à DéFI – car la logique pourrait être la même en Fédération Wallonie-Bruxelle – et à certains libéraux s’ils sont intéressés."

Alors, peut-on espérer un gouvernement wallon pour cet été ? "On peut l’espérer. Les coquelicots peuvent fleurir jusqu’à la fin du mois de juillet mais peuvent aussi avoir une deuxième floraison en septembre."

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