Des activistes veulent placer les violences obstétricales dans les accords de gouvernement

Élections 2019: des activistes veulent placer les violences obstétricales dans les accords de gouvernement
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Élections 2019: des activistes veulent placer les violences obstétricales dans les accords de gouvernement - © CARL DE SOUZA - AFP

Dans la foulée des différentes préoccupations amenées à l’avant-plan dans la mouvance MeToo, et à la veille des élections législatives, régionales et européennes en Belgique, la « Plateforme pour une naissance respectée » entend sensibiliser samedi la population bruxelloise à ce qu’elle appelle les « violences obstétricales », pour lesquelles notre pays ne fait pas vraiment office de bon élève.

L’action prendra une forme pour le moins originale, puisqu’une table gynécologique sera placée sur la place face à la gare centrale de 14h00 à 17h00, sur laquelle les passants, « surtout les hommes », seront invités à monter. « On leur propose de se mettre dans la peau d’une femme qui va accoucher, histoire qu’ils se rendent compte de la position de la femme à ce moment-là, sur le dos, jambes écartées. Est-on alors en position de défendre nos droits ? », explique Fabienne Richard, sage-femme et directrice du GAMS Belgique (Groupe pour l’Abolition des mutilations sexuelles féminines), qui fait partie de la Plateforme. Un casque avec la bande-son d’un accouchement est même prévu.

Mutilation sexuelle

Au-delà de la position, physique, de vulnérabilité des femmes qui accouchent à l’hôpital dans une procédure classique, c’est aussi la vulnérabilité entraînée par la méconnaissance de chiffres précis et ventilés, quant aux différents actes fréquents lors des accouchements, qui est pointée du doigt. Dans le mémorandum remis aux partis politiques par la Plateforme pour une naissance respectée figure d’ailleurs l’exigence de transparence sur les « pratiques hospitalières et extra-hospitalières » dans chaque établissement. La Plateforme, dont est entre autres membre l’Union Professionnelles des Sages-Femmes Belges, entend par là les statistiques précises quant au taux de césariennes, d’épisiotomies, de recours à l’anesthésie péridurale, d’inductions et d’optimalisations lors des accouchements pratiqués. De quoi permettre à la mère un choix éclairé.

« Des chiffres sont compilés et publiés par région par le CEpiP, mais qui ne donne pas les chiffres par hôpital dont il dispose », explique Fabienne Richard. « Quand on achète une voiture, on peut comparer tout ce que l’on veut, mais quand il s’agit de la santé, qui me paraît pourtant plus importante, il est impossible de connaître à l’avance la culture et la pratique de l’hôpital », ironise-t-elle. Pourtant, des chiffres qui sont malgré tout parvenus jusqu’à la Plateforme montrent qu’il existe une disparité importante entre établissements, notamment en matière d’épisiotomies. Les taux varient de 12 à 61% (du total des accouchements) en fonction des maternités en Wallonie. « De telles disparités, également entre régions (moyenne de 20% à Bruxelles, 42% en Flandre) montrent clairement que c’est en partie lié à la pratique de l’hôpital, à un choix » opéré non par la patiente mais par l’établissement ou le médecin, que ce soit par facilité, pour un gain de temps ou de confort, explique Fabienne Richard. Autrement dit : une grande part de ces épisiotomies ne seraient « pas justifiées médicalement », ce qui équivaut pour la Plateforme à une « mutilation sexuelle ». Ces violences obstétricales peuvent aussi prendre la forme de déclenchements ou de césariennes non-nécessaires, un sujet sensible pour lesquels la Plateforme espère une place dans les prochains accords de gouvernement.

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