Éditions de l'Avenir: "Le portage par la Wallonie n'est pas l'option privilégiée, mais on ne l'exclut pas"

Le futur de L'Avenir se jouera-t-il au Parlement wallon ? La commission de l’Economie et de l’Emploi de la Région wallonne et la commission des Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles se réunissent ce jeudi à Namur, afin d'évoquer la situation préoccupante des Éditions de l’Avenir, propriété du groupe Nethys. Le quotidien est en effet promis à une profonde restructuration et notamment un licenciement massif.

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Une des solutions envisagées serait le portage de l'Avenir par la Région wallonne : autrement dit, la Région deviendrait temporairement propriétaire des éditions, avant de passer la main à un acteur privé. Une solution qui n'a pas complètement les faveurs du gouvernement wallon : "Ce n'est pas l'option privilégiée, mais on ne l'exclut pas", expliquait Willy Borsus au micro de Thomas Gadisseux dans Matin Première ce jeudi. Par définition, un portage est une solution temporaire : nous souhaiterions aller au-delà, c'est-à-dire savoir ou l’on va".

Le ministre-président évoque notamment l'offre du groupe IPM (La Libre, La DH), qu'il souhaiterait voir "analysée" malgré le refus sec de Nethys. "Nous souhaitons qu'au-delà de la disponibilité de principe, on mesure ce qui est vraiment sur la table", ajoute Willy Borsus.

Le moment est venu d'y voir clair sur Nethys et Publifin

Le chef du gouvernement wallon estime qu'il ne faut pas "galvauder" les hypothèses et les propositions de rachat. "On ne parle pas que d’un organe de presse, on parle de la pluralité de la presse, de très nombreux emplois, et d’un journal dont on va fêter le centenaire, qui est profondément enraciné dans l’Histoire wallonne." Il précise également qu'il faut faire la lumière sur l'ensemble des "activités concurrentielles" du groupe Nethys, filiale de l'intercommunale Publifin.

"Le moment est venu d'y voir clair", explique le ministre-président, qui estime que les conseils d'administration Nethys et Publifin doivent "être déposés sur la table" et que le groupe doit communiquer au gouvernement et au Parlement ses choix pour l'ensemble de ses activités. "Ça concerne VOO, les assurances, ça concerne aussi, à Liège et au-delà, des milliers d'emplois", rappelle Willy Borsus. Une manière de demander à Nethys des garanties sur sa situation et ses objectifs dans la négociation, quasiment deux ans après le déclenchement de l'affaire Publifin. "Je souhaite que ces activités soient pérennisées, mais ça veut donc dire des cessions d'activités, des adossements, des articulations avec d'autres groupes", précise le chef du gouvernement. Il souhaite que la situation se clarifie avant la fin de l'année.

Si nous nous étions précipités, on nous l'aurait reproché

Mais depuis 2016, les choses sont-elles vraiment devenues plus claires ? Pour Willy Borsus, il ne faut pas "minimiser tout le travail qui a été fait" : modification des textes légaux, organisation de la tutelle des activités, limitation des rémunérations... Même si le flou persiste autour de l'avenir de Nethys, de ce que compte faire le groupe de ses activités. "On est dans des domaines hyper concurrentiels, si on ne fait rien on risque de fragiliser un certain nombre de ces activités", explique le ministre-président wallon, qui précise qu'il distingue "les activités qui sont concurrentielles" et les "participations stratégiques" de Nethys.

Alors où en est-on de la gestion du dossier par le gouvernement wallon ? "Tout ça prend un peu de temps, mais si nous avions été précipités, on nous en adresserait  reproche et on aurait raison, note le ministre-président. Nous sommes à la veille manifestement des décisions centrales et décisives concernant le groupe."

Concernant le plan de lutte contre la pauvreté qui sera annoncé ce jeudi au Parlement wallon, Willy Borsus a tenu à préciser l'urgence de la situation. "Aucun responsable politique ne peut examiner son action de façon apaisée" lorsqu'une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté en Région wallonne, estime le chef du gouvernement. Selon lui, il faut une "mobilisation générale" pour améliorer la situation, avec une série de mesures qui touchent tous les domaines de la vie quotidienne, notamment l'emploi, un "levier majeur pour sortir de la pauvreté" selon Willy Borsus, qui précise qu'il existe 30.000 métiers en pénurie en Wallonie. En matière d'énergie également, le ministre-président a annoncé l'augmentation des montants disponibles pour les prêts de rénovation des logements, ainsi que l'allongement de la période de remboursement.

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