Vers une coalition wallonne cdH-MR, et un gouvernement bruxellois sans le cdH?

Thomas Gadisseux faisait le point dans Matin première sur les négociations en cours, après l'annonce du cdH de vouloir former de nouvelles majorités sans le PS.

Côté wallon, on se dirige apparemment vers une alliance MR-cdH. Pour l’instant, il n’y a eu que des contacts téléphoniques. Ça se joue entre présidents de partis, pas encore d’équipes de négociateurs, mais dans les deux camps, apparemment, MR et cdH, on voit très bien où on veut aller et où on peut aller.

Une majorité très courte: un vrai casse-tête

Est-ce que c'est fait pour autant? Pas si vite ! Regardons simplement les chiffres. MR-cdH côté wallon, c’est une majorité, plus un siège. Or il faut la majorité lors de chaque vote à l’Assemblée ou en commission, donc fini les absences. Exemple concret, Jacqueline Galant qui est enceinte, à un moment donné, ne siégera plus, ça risque donc d’être un vrai casse-tête pour trouver le nombre lors de chaque vote, un casse-tête apparemment possible à résoudre. Mais donc, tout cela c’est en coulisses, rien d’officiel. L’idée, c’est "on avance où on peut avancer" et c’était l’argument des socialistes en 2014 lorsque, là aussi par surprise, ils ont démarré les négociations d’abord en Wallonie.

Mais  il faut remettre en place trois gouvernements. Qu’est-ce qui se passe à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles ? L’accord wallon mettre la pression, c’est la stratégie qui se dessine, mais dans cette partie de poker, celui qui détient l’atout maître, c’est DéFI, qui porte d’ailleurs bien son nom: Olivier Maingain a passé la journée de mardi à défier publiquement Benoît Lutgen.

Olivier Maingain veut-il sauver le PS ?

DéFI, en gros, est incontournable pour former une coalition à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles. D’ici la fin de la semaine, il y a une question qui va se poser : Olivier Maingain veut-il sauver le PS ? Lui qui prône la révolution de la bonne gouvernance, il pourrait s’allier avec les socialistes et les Verts. Le CDH, du coup, est prêt à l’opposition à Bruxelles et, côté libéral aussi, ce scénario a été évoqué  au bureau de parti lundi "Est-ce qu’on conclut d’abord en Wallonie et on laisse éventuellement Bruxelles à gauche avec DéFI et Écolo ?" Le vote libéral a été unanime.

Le bras de fer va se jouer sur le terrain de la gouvernance. Et à cause de la gouvernance, il y a eu des divorces, on l’a vu, mais il y a aussi des alliances. Une est née mardi, Écolo et DeFI : "l’alliance pastèque".

Souvenez-vous en 2009, Écolo et CDH alors avaient concocté une liste de revendications qu’ils avaient soumise aux grands partis, on les avait surnommés "l’alliance melon". Les petits avaient pris le melon et cela avait d’ailleurs bien énervé les grands partis.

Ici, c’est donc le rose de DéFI et le vert des écologistes qui veut imposer ces standards éthiques. " L’alliance pastèque " compte peser, quitte à énerver, et Benoît Lutgen n’est pas du genre à se laisser défier longtemps. Cette alliance Écolo-DéFI est donc exotique et la situation l’est tout autant.

L'interview de Jean-Claude Marcourt ce mercredi 21 juin sur La Prem1ère

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